200 affaires liées aux erreurs médicales enregistrées depuis deux ans

Le président du Conseil national de l’Ordre des médecins, Mohamed Berkani Bekkat a indiqué, lundi à Alger, que 200 affaires liées aux erreurs médicales avaient été enregistrées depuis deux ans, affirmant que la nouvelle loi sur la santé était porteuse d’une vision future sur la réforme du secteur de la santé qui connait une situation « catastrophique », rapporte l’APS.

200 affaires liées aux erreurs médicales ont été enregistrées depuis deux ans au niveau des tribunaux, concernant des plaintes de patients victimes d’erreurs médicales dont 10% étaient recevables, a précisé M. Bekkat qui était l’invité du Forum d’El Moudjahid.

Concernant l’article 40 du projet de loi sur la santé, Dr. Bekkat a imputé la majorité des erreurs médicales au manque de moyens au niveau des établissements hospitaliers public et privé, rappelant la présentation des médecins auteurs de ces erreurs devant des conseils de discipline.

Il a estimé nécessaire de faire la distinction entre faute et erreur médicales, ajoutant que « la responsabilité individuelle du médecin est définie par la loi et l’expertise ».

La commission de la santé de l’Assemblée populaire nationale (APN) se réunira le 19 janvier en cours pour examiner le projet de loi sur la santé et le soumettre au vote des membres du parlement, a-t-il rappelé.

Le nouveau projet de loi inclut plusieurs clauses positives dont le Conseil national de la santé, la décentralisation des services médicaux et des hôpitaux et certaines mesures relatives à la prévention, a-t-il indiqué, appelant à la nécessité de mettre en avant la garantie de la complémentarité entre les secteurs public et privé.

En dépit des lacunes relevées dans ce projet de loi, il permettra « une progression positive et qualitative de la pratique de la médecine en Algérie », a estimé M. Bekkat.

Au volet répression et sanctions infligées aux travailleurs du secteur de la santé, il a soutenu que « le code pénal s’applique à tout un chacun ».

Il a appelé à impliquer les médecins, les spécialistes et les praticiens de la santé dans le débat sur la nouvelle loi de la santé en vue de l’enrichir, et doter l’ordre et le Conseil de déontologie d’outils exécutifs.

Exprimant sa satisfaction quant à la question de la préservation du rôle social de l’Etat en matière de soin, Dr. Bekkat a précisé que l’Etat allouait annuellement des sommes « colossales » pour prendre en charge le secteur sanitaire.

Il a en outre appelé à la création « d’un établissement de suivi sanitaire » chargé de la prévention des épidémies et des multiples maladies à forte prévalence telles que le cancer du sein, de la prostate, des poumons et l’asthme, affirmant que l’Algérie était leader en matière de vaccination au niveaux arabe et africain.

Pour M. Bekkat, il est nécessaire de reconquérir la confiance que du citoyen en les établissements publics hospitaliers, une confiance perdue en raison de la dégradation de la qualité des services et de l’accueil, et œuvrer à rendre ces établissements plus efficaces à travers le soutien à la ressource humaine.

Quelque 10.000 médecins formés dans diverses spécialités en Algérie ont été recrutés en Europe, notamment dans les hôpitaux et centres français, en raison des avantages matériels offerts, ce qui constitue une véritable saignée de compétences », a-t-il déploré.

Concernant la prescription d’ordonnances aux malades sans besoin médical et le congé de maladie de longue durée, Dr. Bekkat a appelé à exercer « un contrôle rigoureux » sur les médecins qui s’y attellent, et procéder au contrôle des commerces vendant des herbes de manière aléatoire sans posséder de registre de commerce.

Le Conseil national de l’Ordre des médecins et le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines (SNAPO) sont déterminés à introduire prochainement une action en justice contre l’inventeur du médicament « Rahmet Rabi » pour atteinte à la santé publique et pratique d’un commerce illicite, a indiqué Dr. Bekkat.

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