2018 : près de 300 millions de dollars pour des nouvelles villes qui n’ont toujours pas vu le jour

Les nouvelles villes encore et toujours. En 2018, l’Etat algérien va débloquer un budget qui avoisine les 300 millions de dollars pour les nouvelles villes qui n’existent, pour l’heure, que sur des maquettes. Des projets qui datent de plusieurs années, pour ne pas dire des décennies. 

Oui, un budget de près de 300 millions de dollars. Rien que cela. Selon les nouvelles dispositions de la Loi de Finances 2018, l’autorisation de programme concernant les nouvelles villes est estimée à 31,46 milliards de dinars, soit près de 300 millions de dollars, destinés à la prise en charge de la nouvelle ville de Sidi Abdellah, du pôle urbain de Draa Errich à Annaba (8 milliards de dinars) ainsi que les nouvelles villes Ali Mendjeli et Ain Nahas à Constantine pour combler le déficit enregistré en matière d’aménagement. Un déficit estimé à 3 milliards de dinars.

Il s’agit également de 465 millions de dinars pour la nouvelle ville de Boughezoul destinés au raccordement au réseau de gaz, 5  milliards de dinars pour la réévaluation de l’opération inscrite au titre du sous-secteur de “l’aménagement du territoire” pour le parachèvement des  travaux dans la nouvelle ville de Bouinan et 15 milliards pour la prise en charge des indemnisations dans le cadre des expropriations pour cause d’utilité publique au niveau de la nouvelle ville de Sidi Abdellah, a expliqué à ce sujet le ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville, Abdelwahid Temmar.

Tout cet argent sera encore dépensé sur ces nouvelles villes alors qu’aucun bilan sérieux et précis n’a été dressé pour comprendre pourquoi ces projets tournent au ralenti depuis toutes ces années. A titre d’exemple, la Nouvelle ville de Sidi Abdellah lancée en 2004 devait changer le visage de l’Algérie. Elle devait permettre d’offrir un cadre de vie agréable et une nouvelle façon de construire nos villes. Malheureusement, cette promesse ne se concrétise toujours. Et la nouvelle ville de Sidi Abdellah n’abritera, pour l’heure, que des futurs logements AADL !

A Bouinan, dans la wilaya de Blida, le projet de la nouvelle ville est toujours une simple maquette et sur le terrain, les autorités n’ont même pas encore réussi à dépasser le stade du règlement administratif de l’expropriation des terrains pour utilité publique. Et pourtant, les autorités ont lancé officiellement ce projet depuis 2006 ! Le même constat est à dresser pour le projet de la nouvelle ville de Boughezoul, dans la wilaya de Médéa, qui date officiellement de 2004. Les travaux de réseaux et de voirie n’ont commencé qu’en 2006. Et aujourd’hui, en 2017, les chantiers avancent très modestement. Et là aussi, il n’y a que des maquettes et les Algériens attendent toujours de voir comment sera tenue cette promesse faite par les autorités algériennes, à savoir transformer la nouvelle ville de Boughezoul en un pôle de compétitivité dédié aux technologies de pointe, la recherche et le développement, la construction spatiale et les technologies de l’information et de la communication.

En 2015, le directeur général de la Caisse nationale d’équipement pour le développement (CNED), un organisme très méconnu par les Algériens créé en 2004, a révélé que ces quatre projets de nouvelles villes, relevant du secteur de l’Habitat, de l’urbanisme et de la ville, ont bénéficié d’une dotation financière globale de 394 mds de DA, à savoir pas moins de 4 milliards de dollars. Un budget immense qui n’a, pour le moment, donné naissance à aucune avancée concrète sur le terrain puisque toutes ces nouvelles villes sont citées comme projets depuis de plus d’une décennie, voire deux mêmes, mais sans connaître la moindre évolution notable.

 

 

 

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