22e SILA : le centenaire de Mouloud Mammeri, principale attraction

 

ALGER – Le 22e Salon international du livre d’Alger (SILA), prévu du 25 octobre au 5 novembre, a choisi de célébrer cette année  le centenaire de Mouloud Mammeri,  une occasion pour revisiter l’oeuvre et le riche parcours de l’écrivain, linguiste et anthropologue, tout en donnant rendez-vous aux visiteurs pour renouer avec l’univers du livre.

Sous la houlette du Haut-commissariat à l’Amazighité (HCA), le SILA 2017 qui coïncide avec le centième anniversaire de la naissance de Mouloud Mammeri, accueille un colloque international de trois jours intitulé « Le sourcier des convergences civilisationnelles universelles », consacré à un des acteurs majeurs de la culture algérienne au XXe siècle et auquel une trentaine d’universitaires algériens et étrangers sont conviés.

Toute l’année 2017 a été dédiée à la célébration du centenaire de la naissance de Mammeri (1917- 1989) qui a laissé trois oeuvres magistrales dans la littérature algérienne: « La colline oubliée », « Le sommeil du juste », et « L’opium et le bâton », outre les pièces de théâtre et des nouvelles.

En sa qualité d’anthropologue, Mouloud Mammeri avait été le premier universitaire à s’intéresser aux contes berbères et à l’Ahelil du Gourara -un chant spirituel d’expression zénète (variante de Tamazight) propre à la région du nord d’Adrar- classé au patrimoine mondial de l’humanité depuis 2008 et auquel Mammeri avait consacré toute une recherche publiée en 1984.


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En plus de l’oeuvre de Mammeri, des thèmes comme « le combat pour la visibilité, la sauvegarde et l’universalité de la culture amazighe », « Mammeri, humanisme, résistance et refus des dogmatismes », ou encore « L’émergence de la littérature algérienne de langue française » seront abordés par des universitaires de France, d’Afrique du Sud, de la   République démocratique du Congo, entre autres.

Sous le thème de « Le livre, un trésor inépuisable », le 22e SILA a, par ailleurs, choisi comme invité d’honneur l’Afrique du Sud, présente avec une série de rencontres animées par un panel d’écrivains, d’éditeurs et d’universitaires à l’instar de Frederick Vusi Khumalo, Sindiwe Magona, ou encore l’éditeur Fortiscue Malepa Helepi qui aborderont différents thèmes liés à la dynamique du livre et au mouvement littéraire de ce grand pays d’Afrique australe dont les auteurs sont largement méconnus en Algérie.

En parallèle, le salon du livre accueillera les 9e Rencontres euromaghrébines des écrivains, axées cette année sur le thème du « Roman non fictionnel » avec la participation d’écrivains de Tunisie, du Royaume-Uni, de Hongrie et de Finlande, outre les auteurs algériens.

Plusieurs figures de la littérature algérienne, à l’exemple de Ahlam Mosteghanemi, Maïssa Bey, Waciny Lâaredj, Amine Zaoui fixent rendez-vous aux lecteurs qui auront également l’occasion de rencontrer des auteurs étrangers dont l’Irakien Ali Badr et le Guinéen Thierno Monenambo. Ce dernier est convié à l’espace « Esprit Panaf » qui célèbre cette année les littératures sud-africaine et guinéenne.

 

Un millier d’éditeurs et un programme sans grandes nouveautés

 

Pas moins de 972 maisons d’édition (962 en 2016) dont 314 algériennes exposant quelque 230 000 ouvrage de littérature, d’ouvrages universitaires et de livres de jeunesse prennent  part à ce salon.

Depuis sa reprise en 2000, après une interruption de plusieurs années, le SILA a réussi à se hisser au premier rang des évènements culturels en terme de fréquentation, même si à ce jour aucune statistique, ni recherche n’ont été fournies sur la circulation du livre, l’importance du lectorat ou encore les préférences des lecteurs ou acquéreurs de livres au fil des années.

De même, les rencontres proposées aux visiteurs n’apportent aucune nouveauté, se limitant à reconduire des thèmes déjà abordés aux précédentes éditions, comme « Le livre et l’école », « Islam et Occident: Regards croisés », ou encore « l’onomastique », en plus d’un focus sur le colonialisme prévu le 1er novembre.

APS

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