Les enfants handicapés livrés à eux-mêmes

“Même si j’ai longtemps résisté, en ce début d’année on m’a signifié de rendre les clés sous prétexte que mon association n’avait pas la prérogative d’ouvrir un tel établissement et que je n’avais pas d’agrément”, a expliqué Kaci Bouzidi, en sa qualité de responsable de ce centre.

Le président de l’association sociale des personnes handicapées et des enfants de la lune, dénommée Tala Moussa de Tizi Ouzou, est dans tous ses états, suite à la fermeture du centre psychopédagogique pour enfants handicapés de Frikat, dans la région de Draâ El- Mizan. “Je ne comprends pas comment dans un pays où on prend en charge des handicapés, ce qui est pourtant une mission de l’État, on ne vous laisse pas travailler”, s’écrie Kaci Bouzidi en sa qualité de responsable de ce centre, abrité par une école désaffectée à Djemaâ Kalaâ. En effet, si durant près de 3 ans, 8 enfants de différents âges issus de milieux défavorisés ont été pris en charge par 3 éducatrices dans ce centre, où ils ont réussi à faire des progrès remarquables, aujourd’hui ils ont été contraints de rentrer chez eux pour des raisons de bureaucratie. “Après l’euphorie de l’ouverture de ce centre en 2013, ils ont commencé à me mettre les bâtons dans les roues. Même si j’ai longtemps résisté parce que je suis aussi père de deux enfants handicapés, en ce début d’année on m’a signifié de rendre les clés sous prétexte que mon association n’avait pas la prérogative d’ouvrir un tel établissement et que je n’avais pas d’agrément. Pourtant, je ne reçois aucune subvention. Je dépense de ma poche avec l’aide de quelques âmes charitables”, a-t-il expliqué, avant de réaffirmer sa volonté de ne jamais abdiquer devant une telle situation. “J’ai carrément refusé de rendre les clés. Si quelqu’un voudrait reprendre cette école, qu’il passe par la justice !”, a-t-il clamé.
Mais ce qui a obligé ce président d’association à renvoyer ces enfants chez eux, c’est surtout cette directive de la ministre de la Solidarité nationale et de la Famille envoyée aux walis, qui interdit tout recrutement de personnes dans le cadre du dispositif d’aide et d’insertion, à savoir le PID et le DAIS, depuis août dernier, suite aux instructions du Premier ministre inhérentes à la rationalisation des dépenses publiques.
Selon M. Bouzidi, les contrats des 3 éducatrices exerçant dans ce centre ont expiré, et par ricochet ils ne pouvaient être renouvelés quel que soit le prétexte avancé. “Je ne baisserai pas les bras, parce que je suis engagé dans cette mission humanitaire et je devrais aller jusqu’au bout de mes convictions. C’était grâce à moi que le dossier des enfants de la lune a été ouvert. Personne n’en parlait avant. J’attends toujours l’agrément de mon association ayant changé de statut pour devenir association nationale dont les représentants de 20 wilayas en présence d’un huissier de justice avaient pris part à l’assemblée générale tenue l’an dernier au centre psychopédagogique de Frikat. C’est un crime de laisser ces enfants livrés à leur sort”, conclut ce président d’association.

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