Nadir Zemouri sauvé grâce à la solidarité des Algériens

A l’occasion de son passage à Tichy, nous avons sollicité Mr Omar Ait-Mokhtar pour nous parler de son soutien au malade Nadir Zemouri et surtout du projet qu’il s’apprête à concrétiser  à Bejaia.

Qui est Omar Ait-Mokhtar ?

Omat Ait-Mokhtar : je m’appelle Omar Ait-Mokhtar, je suis natif d’Azazga dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Je vis en France seulement depuis 36 ans; actuellement je suis le coordinateur du Mouvement des citoyens algériens en France (MCAF). Je crois que je fais de la politique. Je suis militant, car chaque jour y a quelque chose à faire. Même si je vis en France, je suis resté algérien à 100%  et tout ce qui concerne l’Algérie et la communauté algérienne de l’étranger me concerne aussi que ce soit économiquement, politiquement, culturellement ….. .

Qu’est-ce que le MCAF ?

Le Mouvement des citoyens algériens de France est un mouvement comme son nom l’indique qui regroupe beaucoup d’associations qui activent dans différents domaines de la vie, et moi j’essais de coordonner entre toutes ces associations et de les aider à concrétiser leurs actions respectives en France, et ce vis-à-vis des autorités françaises et des autorités algériennes. Le MCAF est une force  de proposition et nous ne faisons pas de l’opposition pour l’opposition. Nous nous opposons objectivement pour que les choses aillent mieux pour tout le monde. Nous sommes, je crois, un bouclier pour notre pays et c’est le minimum que nous puissions faire pour lui.

Vous avez accompagné personnellement le traitement de Nadir Zemouri, un citoyen de la commune de Tichy atteint d’éléphantiasis,  quel est son état actuel ?

Nadir a déjà subit trois opérations avec succès. En tout, on l’a soulagé de plus de 50  Kgs et maintenant, il commence à retrouver une vie normale, il est sur le bon chemin. Il lui reste à subir deux autres interventions.

Comment êtes-vous retrouvé impliqué dans cet élan de solidarité, puisque vous ne connaissiez pas ce patient avant ?

 C’est grâce principalement à l’association « Miroirs  et différences » et à sa présidente Mme Ouardia Aïbeche, laquelle est originaire de Tichy. Elle m’avait interpellé et m’avait demandé de l’aider pour sauver ce patient. J’avais accepté à condition de juger que la pathologie que présentait Nadir nécessitait vraiment une prise en charge à l’étranger. En arrivant à Tichy, et, en voyant l’état de Nadir,  je m’etais dit qu’il serait inhumain de le laisser mourir.

Pour interpeller nos autorités sur ce cas, j’ai tout de suite crée un comité de soutien qui regroupe, entre autres, le champion du monde de boxe thaï, Ghilas Barache qui est originaire d’Akbou, Zhor Assia Boutaleb, la petite-fille  de l’Emir Abdelkader et la chanteuse Salma Al-Djazairia. Je remercie à l’occasion, Djamel Bouras, vice-président de l’assemblée nationale pour le rôle qu’il a joué.  Mais celui qui nous a aidé principalement c’est Abdel Madjid Sidi Saïd l’actuel secrétaire général de l’UGTA.

Quel fut son rôle ?

En une semaine, je lui ai parlé, je lui ai montré les photos de Nadir et je lui ai dit que c’est une question de dignité. Après trois jours, il m’appelle et me demande d’aller récupérer la prise en charge de la CNAS. Je suis venu à Tichy, j’ai accompagné Nadir et je l’ai hospitalisé à l’hôpital américain, évidemment, je n’ai pas fait ça tout seul, car il y a d’autres bénévoles avec moi.

L’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mr   Abdelkader Mesdoaua , a aussi joué un grand rôle ; grâce à lui, l’ambassade d’Algérie avait payé l’hôpital en attendant l’arrivée de l’argent de la CNAS car c’était un cas urgent.

Les institutions sont là quand le citoyen est en détresse, il faut juste les solliciter à temps et insister  aussi.

Pourquoi la CNAS ne prend pas en charge à l’étranger d’autres malades qui souffrent ?

Maintenant, tout le monde veut aller se soigner en France. La CNAS ne peut pas prendre en charge tout les malades à l’étranger car ça coute une fortune. Y a des pathologies qu’on peut soigner ici et d’autres qu’on ne peut soigner ni ici ni en France. Actuellement, la CNAS traverse une mauvaise passe.  Mais, malgré tout, quand une pathologie peut être soignée en France mais pas en Algérie, les institutions algériennes sont là et le cas de Nadir prouve ce que j’avance.

Vous êtes porteur d’un projet qui soulagera des centaines d’Algériens atteints d’éléphantiasis, pouvez-vous nous en dire plus ?

Quand j’ai vu que la première opération subie par Nadir a couté environ 30 000 euros, et qu’ il lui reste quatre autres au minimum et que le matériel nécessaire pour effectuer pareilles interventions coûte 100 000 euros, je me suis dit pourquoi ne pas acheter le matériel et l’installer ici en Algérie ? Ainsi, les malades seront pris en charge localement et la CNAS n’aura plus à débourser quoi que ce soit.

Mais comment allez-vous financer cet achat et toutes les autres dépenses ?

Je ne demande rien à l’Etat, car l’Etat ne peut pas tout faire.  Puisque c’est ma spécialité, je vais organiser deux galas, l’un à Paris et l’autre à Alger et je pense que l’argent collecté sera suffisant. Maintenant, je demande aux citoyens, aux operateurs économiques d’aller acheter des billets et ce sera leur façon d’aider à soulager la souffrance de ces malades. Plusieurs artistes de renom ont été déjà donné leur accord, les Algériens se sont toujours montrés solidaires dans les moments difficiles. Il ne faut attendre tout de l’Etat, chacun peut contribuer à sa façon pour améliorer les choses. D’ailleurs je lance un appel à nos médecins à l’étranger pour revenir exercer ici au pays, car, c’est l’Algérie qui a financé leurs formations et le minimum est de rendre la pareille.

Est-ce que nous avons les compétences nécessaires dans nos hôpitaux ?

Oui. Nos chirurgiens sont compétents. En plus, j’ai déjà parlé avec des chirurgiens français et ils ont accepté de venir ici pour les aider et leur transmettre leur savoir-faire. Nous allons bien sur les payer et les prendre en charge.

Pourquoi avoir choisi Bejaia pour installer ce matériel ?

C’est au fait ma première exigence. C’est Nadir Zemouri qui m’a donné cette idée et je veux concrétiser ce projet dans sa wilaya et  j’ai demandé  aussi à ce qu’il soit recruté pour accompagner les malades après leurs interventions.  Autrement, ce sera une occasion pour désengorger la capitale. J’espere que les interventions débuteront à la mi-juillet de cette année.

Est-ce vous avez l’accord des autorités locales et nationales ?

Qui peut être contre de soigner nos malades  ici en Algérie gratuitement ? L’Etat a construit des enceintes pour cela ! J’ai déjà discuté avec le chef de cabinet du wali et le directeur de l’hôpital Khelil Amrane et tous deux ont bien accueilli cette idée et ont manifesté un grand intérêt vis-à-vis de ce projet. Dans quelques jours, j’irai discuter avec  le ministre de la santé pour tout finaliser. L’idée, en plus de soigner les malades algériens ici à Bejaia, est d’accueillir les malades  d’autres pays africains, ce qui constituera un apport en devises pour notre pays.

Un dernier mot pour conclure

D’abord, je tiens à remercier tous ceux qui ont participé à aider Nadir Zemouri, en particulier, Mr Abdelmajid Sidi-Saïd, Mr Abdelkader Mesdoua, et le professeur Becker. Tout comme je lance un appel à la presse pour se faire l’écho de ce projet que je suis entrain d’initier et cela en aidant à sensibiliser les citoyens et les opérateurs économiques pour sa réussite. Je lance aussi un appel au recensement de tous les malades atteint d’éléphantiasis en Algérie, soit, via votre journal ou directement via l’adresse email suivante : artistesalgeriens@yahoo.fr.

Entretien réalisé par Saïd Mohamadi

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