Pour ses quarante ans de carrière, Boudjemâa Agraw a décidé de réenregistrer plusieurs de ses chansons, trente-deux précisément.

Le chanteur affirme ne pas rechercher des bénéficies, mais sauver ses chansons de la déperdition. «Déjà là, de mon vivant, je ne retrouve plus certaines de mes chansons, alors qu’en sera-t-il demain?», s’inquiète-t-il. L’ar tiste explique par ailleurs que le choix des chansons reprises a été fait selon l’importance des textes et des sujets traités. Il a aussi fait le choix de reprendre certaines chansons de son répertoire qui étaient passées inaperçu à l’époque de leur sortie. «Beaucoup de gens cherchent à retrouver quelques-unes de mes chansons, mais elles ne sont plus disponibles sur le marché», nous a-t-il avoué.

Nous apprendrons également que toutes les chansons reprises ont été retouchées : les arrangements musicaux ont été refaits à 100% , les mélodies ont été gardées mais améliorés, une plus grande importance a été donnée aux instruments acoustiques (mandole et guitare) sur le compte du synthétiseur. Même les paroles ont été parfois retravaillées. Les 4 CD contenant les trente-deux chansons reprises sont déjà dans les bacs. Les chansons ont été regroupées par huit selon les différents thèmes. «Chacun peut acquérir le CD selon le thème qui l’intéresse», explique encore l’artiste.

Dans le CD1, on retrouve des chansons composées dans les trois langues, kabyle, français et arabe, dans le 2, des chansons ayant trait à la politique, dans le 3, des chansons qui touchent au vécu quotidien de ses compatriotes, alors que le CD4 englobe les chansons d’amour.

Boudjemâa Agraw, de son vrai nom Ouddane Boudjemâa, est né le 27 décembre 1952 à Takhelidjet (Semaoune), commune de Chemini, wilaya de Béjaïa. Il a commencé sa carrière comme chanteur amateur à la chaîne 2 de la radio nationale en 1976. Il a constitué le groupe Agraw, dont il garde le nom, au début des années 80, puis il s’associe à Karim Tizouiar pendant une année.

Boudjemaâ Agraw décida de rester en Algérie, en dépit des douloureux évènements qui sévirent dans le pays durant les années 90. Militant impénitent de la démocratie et de la cause amazighe, l’auteur de «Uliw Yedduqus», «Leswar ezzine», «Mumendil yeddwen», «Chef ou parti», «Ali baba», «JSK negh»… est toujours considéré, par des admirateurs qui lui vouent un très grand respect, comme un militant dévoué de la cause berbère.

In dépêche de kabylie

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