Aït-Smaïl/Sadek REBAI Tête de liste du FFS : « Se porter candidat est un acte de résistance politique »

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Sadek REBAI : Acteur associatif depuis mon jeune âge, je suis né le 07 octobre 1975 à Aït-Smaïl dans la wilaya de Béjaïa, père d’un garçon et de deux filles.  Je suis le président de l’APC d’Ait Smail depuis le 27 mai passé en remplacement à mon camarade Nacer ABDOUNE, élu à l’Assemblée nationale lors des élections législatives du 04 mai 2017. Après avoir exercé pendant plus de 4 années et demi comme vice-président, je suis tête de liste du plus vieux parti d’opposition en Algérie, le FFS. Pour moi, c’est en même temps, un honneur et une lourde responsabilité à assumer et à honorer devant les militants qui m’ont choisi et devant toute la population.

Pouvez-vous présenter votre commune ?

La commune d’Aït-Smaïl est située à l’extrême est de la wilaya  de Bejaia, limitée à l’Est par la daira de Bouandas relevant de la wilaya de Sétif.  Elle compte une population de plus 15 000 âmes réparties sur plusieurs villages. Elle est considérée comme une commune rurale au relief montagneux mais avec des potentialités touristiques très importantes. Elle est classée comme déshéritée. Sa principale richesse étant une jeunesse dynamique qui active surtout dans le volet culturel. Elle est surtout connue pour son festival de poésie Amazigh en hommage à l’amousnaw Mouloud Mammeri qu’elle organise chaque année depuis 2003, pour sa poterie particulière et par la richesse lexicale de son parler.

Pouvons-nous connaitre les raisons pour lesquelles vous vous êtes porté candidat à l’élection du 23 novembre prochain ?

Ma candidature est avant tout un souhait de la quasi-totalité des militants du FFS d’Ait Smail et de toutes les franges confondues de la société, particulièrement la masse juvénile qui accorde un intérêt particulier aux dynamiques réussies sur l’autre rive de la Méditerrané, aussi pour représenter notre grand parti à ces échéances, puis, pour continuer le grand défi qui est celui de continuer le renforcement de la dynamique du développement de notre chère commune, enclenchée depuis des années déjà. Se porter candidat est un acte de résistance politique, de citoyenneté et un devoir de militant convaincu du combat à mener sur le plan local pour éviter à nos citoyens de tomber sous la tutelle des partis politiques qui ont fait de toute l’Algérie un pays pauvre malgré toutes les richesses naturelles et toutes les compétences dont elle dispose. Pour préserver les acquis des jeunes et être aux côtés de notre population dans les situations les plus difficiles. Pour associer et continuer la concertation déjà qui commence à donner ses fruits avec les citoyens sur leurs priorités.

Pourquoi il y a à chaque fois des gens qui tentent de perturber vos meetings ?

C’est lorsque les militants et sympathisants des autres partis politiques n’arrivent pas à discuter et à engager sérieusement des débats sur toutes les questions de la vie locale, sur son développement et autres choses qu’ils tentent de perturber les meetings et sorties de proximités du FFS. Certes, je réalise que nous sommes les plus forts, il faut le dire franchement, que la culture politique et le respect de la différence mérite un long débat, mais, personnellement, je réalise toujours que, la nature est sélective, il y a que le bon qui reste et qui résistera a toutes les méchancetés.

Mais sur ce qui a été dit et sur lequel il faut insister, c’est qu’il y a des jeunes, des citoyens qui viennent en force pour nos meetings pour nous encourager, nous interroger, nous surprendre, nous interpeller et pour mettre le doigt sur des réalisations, des insuffisances ou manquements à rattraper à l’avenir.

 

Qu’est-ce que vous proposez comme projet, comme nouvelle politique et en plus de la gestion quotidienne de la circonscription ?

La prochaine mandature s’inscrit dans la continuité, à savoir la poursuite de ce qui a été entamé notamment les deux projets phares qu’on est en train de piloter : le renforcement de l’AEP de la commune d’Ait Smail et du village Riff à partir de la source bleu (Lanser Azegza) et le gaz de ville qui sont des projets vitaux à la commune et surtout de lutter pour l’inscription de nouveaux projets dont la population a besoin. Entre autres, je dirai que les priorités de la mandature s’articulent sur quatre axes principaux intitulés E4: Eau, Environnement, Energie et Education.

Notre programme est un contrat communal qui sera mis en œuvre par une équipe jeune, unie, responsable, dynamique et engagée.

Que pensez-vous de l’évolution de la gestion des institutions locales depuis l’avènement du multipartisme ?

L’avènement du multipartisme, apparaît plus dans sa forme que dans son fond, plus dans le nombre de partis politique agrées que dans les libertés, l’ouverture et l’attente des octobristes est confisquée par les tenants du pouvoir. Malgré ce manque, les citoyens savent ce qui se passe dans leurs municipalités et s’informent quotidiennement de la gestion des affaires locales à travers des bilans et des comptes-rendus. Mais, du moins, ils participent aux côtés des élus dans beaucoup d’actions à travers des comités participatifs, de villages et des associations. Le multipartisme, ‘connu communément chez nos citoyens comme politique de façade’, a brisé le rempart de peur, du flou, d’opacité et de distance occulté pendant plus 25 ans. Certes, aujourd’hui, on doit faire des bilans pour tirer des leçons des manquements et pour capitaliser les points forts pour préserver nos acquis et pour améliorer notre gestion.

Croyez-vous qu’un élu local aura les moyens politiques, économiques et financiers pour mettre en application ses idées ?

« Là où il y a volonté, il y a chemin » disait Lénine. Rien n’est facile et je suis conscient de la difficulté du contexte actuel où les robinets sont à sec, mais il faut avoir la capacité à vouloir changer les choses, à vouloir militer et à vouloir surmonter les obstacles. On doit organiser les priorités de la société et ses choix pour pouvoir les mobiliser dans le développement local. Notre engagement est dans la transparence et le vivre ensemble, sinon nous connaissons le son de cloche des spécialistes qui s’accordent à dire que ce quinquennal est des plus difficile sur le plan économique et financier donc sur le plan social, c’est pour cela que l’on doit lutter ensemble et que l’on doit conjuguer avec nos élus des assemblées d’APW et d’APN pour satisfaire les attentes de nos concitoyens.  Aussi, nous comptons sur le concours de toute la société, notamment les jeunes à travers les tissus associatifs qui sont vraiment indispensables.

 

Les différents médias évoquent l’indifférence des populations pour s’impliquer dans cet événement électoral. Comment comptez-vous faire pour convaincre et mobiliser les citoyens en vue de leurs participations aux élections et même les impliquer dans la gestion de la commune ?

Nous connaissons préalablement la ligne éditoriale de ces médias et nous connaissons parfaitement les messages qu’ils tentent de véhiculer. Entre réalité et manipulations des masses, nos médias préfèrent maintenir le statuquo et discréditer les élus du peuple. A Ait Smail, le FFS est un parti bien ancré depuis la venue de  feu Hocine  Ait-Ahmed pendant les élections de 1991. Pour notre campagne électorale, la majorité des citoyens s’intéressent  à l’action politique et la preuve apparait dans nos rencontres et meetings marqués par de grandee affluences et des débats enrichissants. Ajouté à cela, le travail de proximité que nous faisons dans le territoire de la commune. Le discours quotidien dans les lieux de rencontres est les élections locales. Ceci dit, la population s’y intéresse davantage d’ailleurs c’est l’un des fruits de la gestion et de la politique du FFS dans notre commune depuis deux décennies.

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