Arezki Baroudi: « C’est une mascarade improvisée pour nuire à l’hommage à Matoub du 24 janvier 2018 »

Suite à la polémique qui s’est déclenchée au sujet de deux concert en hommage à Matoub Lounes prévus successivement pour le 22 et le 24 juin 2018, le musicien Arezki Baroudi s’est exprimé largement dans un communiqué de presse  et que Relais Médias reproduit ci après dans son intégralité.

A propos du concert du 22 juin prochain au Bataclan

Avant toute chose cette intervention ne se veut être ni un plaidoyer, ni un parti pris en faveur ou contre qui que ce soit, mais un simple éclairage et un constat (à titre de responsable musical pour le concert du 24 juin prochain au Palais des Sports de Paris), sur une situation aussi triste que déplorable qu’on (…) nous a imposée et dont on se serait bien passé.
Au lendemain de l’hommage à feu Matoub Lounès, organisé par l’ACBO le 25 juin 2016 à Nogent sur Oise, le Président Mr Karim Bazziz et son équipe projetaient déjà de renouveler l’évènement, dans une salle Parisienne.
Dès l’officialisation du projet, en Janvier 2017, il fallait alors en informer les ayants droit, ce que le président a fait.


Un premier contact téléphonique avait eu lieu avec Madame Nadia veuve Matoub Lounès laquelle, une fois informée du projet, proposa d’apporter son aide à l’association en essayant d’obtenir quelques éventuelles subventions. Ce qui était tout à son honneur.
Au fil des mois, le projet ayant connu une évolution majeure, une rencontre avait alors été organisée à mon domicile le 26 août, en présence de Mr Karim Bazziz, de Mme Nadia Matoub (et une amie à elle) afin de lui faire part de l’avancée des choses. A savoir, le projet d’un album de 20 titres (réarrangés) du répertoire du Rebelle associé à celui du concert. Le concept étant de survoler ses 20 ans de carrière artistique, de rappeler son combat et de commémorer la 20e année de son assassinat.
À l’issue de l’entrevue et après avoir écouté quelques chansons (revisitées), Mme Nadia Matoub et son amie prirent congé. Sans plus…
Il faut dire que l’impassibilité et un certain détachement dont elle fit preuve au fil de l’entrevue furent pour le moins surprenants. Et quelques jours après on a eu vent de son intention d’organiser de son côté un concert hommage. Ceci explique cela ?
Quelles pouvaient donc être les motivations de cette imprévisible initiative ? Là est la question. Puisque à aucun moment : ni avant, ni pendant, ni au terme de l’entrevue elle n’avait fait une quelconque allusion à une telle éventualité. Auquel cas on aurait tout simplement reporté notre projet pour une date ultérieure, 2018 s’achève le 31 décembre, ou encore, pourquoi pas, le porter ensemble comme cela avait été amorcé par Mme Nadia Matoub dès le premier contact.


Mais l’information le 6 mai dernier sur la date et le lieu du concert nous a éclairé sur les desseins obscures de cette « subite » initiative… Soit !
Que ce concert maintenant ait lieu : au Stade de France, à Bercy ou du moins au Zénith, on aurait compris le message et pris une leçon de grandeur dans les dents. Seulement, c’est loin d’être le cas…
Est-ce donc là toute l’estime, tout le respect et toute la reconnaissance qu’on (…) voue au monument que l’on veut célébrer ? En cette date symbolique, à plus d’un titre, réduite à une misérable mascarade improvisée qui, à l’évidence, ne revêt d’autres intentions que celles de nuire au noble événement du 24 juin ? Qui lui a été annoncé et mis en chantier dès janvier 2017.
C’est tout simplement un outrage à la mémoire et un « d’hommage », si je puis m’exprimer ainsi, aux valeurs de celui qui s’était toujours élevé contre cet atavisme tribal qui nous ronge et qui force est de constater, a encore de beaux jours devant lui, et pour cause…
Car, quelles saines intentions peut-on avoir lorsqu’on va jusqu’a programmer pour le 22, une chanteuse dont le nom figurait déjà depuis des lustres sur l’affiche, tout comme son image sur le spot d’annonce pour le concert du 24 juin ? Sachant que cela ne pouvait que générer inéluctablement une situation conflictuelle, qui va elle nourrir la confusion et la polémique ? En pareil cas le mot « morale » serait vain.
S’agissant maintenant du virulent, peu crédible et encore moins valorisant communiqué de la chanteuse, qui circule sur les réseaux depuis le 16 mai dernier, si celle-ci considère que la volte-face dont elle a fait preuve est un droit, qu’elle sache alors que celui-ci s’arrête là ou commence celui de « l’organisateur ». Et que la règle veut que dans le cas d’un engagement, moral de surcroit, entre deux parties, le tort incombe à celle des deux qui l’aura trahi. Autrement dit, son éviction n’est qu’une suite logique et il n’y a donc pas lieu de s’en offusquer.
« Je ne mange pas de ce pain là » avait-elle écrit, sachant que la raison de son éviction était d’avoir voulu manger des deux pains…
Si elle considère également qu’il aurait fallu l’en informer au préalable, dans ce cas charité bien ordonnée commence par soi-même. Que n’avait-elle alors eu pour sa part : l’intégrité, le « courage », la « sincérité », ou encore « l’honnêteté »de le faire vis-à-vis de « l’organisateur » avec lequel elle s’était engagée voilà une année de cela ? Avant de « décider en parallèle » d’accepter la date du 22 ? Est-il besoin de lui rappeler ici que les titres qu’elle devait interpréter ont déjà été mis au point par l’équipe (17 musiciens) qui devait l’accompagner ? Et que cela, non seulement se respecte, mais tout comme pour sa prestation, a aussi un coût ?
Et le « courage » auquel elle a fait allusion, « l’organisateur » et son équipe l’ont eu en la sollicitant et en lui donnant l’opportunité d’évoluer dans un lieu haut d’histoire et de prestige. En prenant pour cela des risques sans filet (que peu à leur place auraient osé ) , afin de mettre tous les moyens nécessaires au service de l’événement. Et je le dis ici en connaissance de cause.
Pour le « public » qui se serait déplacé « uniquement pour elle », il aura justement le plaisir de le faire deux jours plus tôt. C’est au contraire à « l’organisateur » du 24 de se plaindre du manque à gagner. Mais qui sait, peut-être que le public en question décidera de se déplacer à nouveau ce jour là pour Matoub, puisque dans un cas comme dans l’autre, c’est bien lui que nous célébrons après tout non ?
Cela dit, si l’humilité et la modestie sont des vertus qui nous grandissent, la vanité et la prétention ne pourraient être autres que réductrices. Ce que nous défendons et ce pourquoi nous oeuvrons est plus grand que nos petites personnes.
S’agissant enfin du vocabulaire employé pour défendre l’indéfendable, je laisse cela à l’appréciation du lecteur.
Ceci étant dit, les instigateurs de l’ombre d’une telle situation aujourd’hui, doivent savoir que : ni les mesquineries, ni les diffamations, ni les polémiques, ni encore moins les arracheurs d’affiches ne pourraient ébranler la détermination et la volonté d’une équipe, dont la démarche et les convictions n’ont d’égales que l’intégrité morale dont elle fait preuve, et une réputation des plus enviable dont elle jouit aujourd’hui. Ce qui bien évidemment inquiète car elle représente ainsi une menace certaine, pour un certain ordre établi et une certaine médiocratie artistique, instaurés par certains marchands de cultures et certains marchands de chansons, depuis quelques décennies. Dévitalisant, appauvrissant, voir humiliant (sous prétexte de la servir) une chanson qui hier forçait l’admiration et inspirait le respect… Bref !
Moralité.
Il n’est rien que l’on pourrait ajouter quant aux démons qui nous habitent, que le Rebelle, puisque c’est de lui dont il s’agit aujourd’hui, n’ait dit. Nous avons toujours été bourreaux et victimes de nous même. <<………. ? Si Zman Akka >> disait-il. (Taàkwemt N tegrawla 1996).
Je ne saurais terminer sans souligner ici qu’une rencontre avait également eu lieu (à mon domicile), en présence du président et d’autres représentants de l’association ainsi que de Mme Malika Matoub, accompagnée du secrétaire de la fondation Matoub Lounés.
La rencontre a été positive et l’intérêt qu’ils ont accordé aux projets du concert et de l’album nous a conforté davantage dans cette démarche.
Conclusion.
Rendez-vous le 24 juin au PALAIS des SPORTS de PARIS pour un événement unique, à la mesure et digne du Rebelle. La surprise sera de taille, c’est une promesse.
Nous laisserons le reste à la conscience de chacun et aux archives…
Arezki Baroudi

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