Au procA?s de Jawad Bendaoud, les avocats demandent la relaxe

Jawad Bendaoud peut-il A?tre innocentA� par le tribunal? Le prA�venu « parie A� 80% » qu’il sera condamnA�, mais ses avocats ont demandA� mercredi sa relaxe, affirmant que leur client ignorait qu’il logeait des jihadistes du 13-Novembre.

« Peut-A?tre que j’irai en enfer, mais pas pour avoir hA�bergA� ces terroristes-lA�, parce que je ne savais pas que c’A�taient des terroristes », a dA�clarA� Jawad Bendaoud pour son ultime dA�claration dans ce procA?s, le premier en lien avec les attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts A� Paris et Saint-Denis. Le jugement sera rendu le 14 fA�vrier.

« Je parie A� 80% que je vais A?tre condamnA�. Il y a l’opinion publique, les familles des victimes », a-t-il dit A� la prA�sidente Isabelle PrA�vost-Desprez. Mais ses avocats ont demandA� la relaxe, attaquant point par point les arguments de leurs trA?s nombreux confrA?res de la partie civile.

Jawad Bendaoud a A�tA� « la risA�e de tout un peuple. Moi-mA?me, j’ai ri », a commencA� A� plaider Xavier Nogueras. « Il nous a permis de rire A� un moment oA? nous pleurions (…). Il a A�tA� malgrA� lui une sorte de catharsis ».

Immeuble A� Saint-Denis, en proche banlieue parisienne, oA? l’organisateur prA�sumA� des attaques du 13 novembre A� Paris, Abdelhamid Abaaoud, a A�tA� tuA� lors d’une opA�ration policiA?re le 18 novembre 2015

Jawad Bendaoud a A�tA� interpellA� le 18 novembre 2015, aprA?s l’assaut des policiers du Raid contre son squat oA? il logeait deux jihadistes du 13-Novembre en fuite, dont le cerveau prA�sumA� des attaques, Abdelhamid Abaaoud. Son interview, maladroite, devant les camA�ras de BFMTV juste avant son interpellation avait dA�clenchA� rires et parodies.

« La conviction qu’il A�tait innocent, je l’ai eue parce que je l’ai rencontrA� », a confiA� son avocat. Jawad Bendaoud est jugA� depuis le 24 janvier pour « recel de malfaiteurs terroristes ». Le parquet a requis 4 ans de prison contre lui.

« Non, il n’a pas retardA� l’arrestation » des jihadistes, a plaidA� Me Nogueras. Le buisson oA? Abdelhamid Abaaoud et son complice s’A�taient cachA�s avant de se rendre dans la planque de Jawad Bendaoud le 17 novembre A�tait dA�jA� surveillA� par des policiers. « Les policiers ont fait un choix de prA�caution, (…) celui d’intervenir plus tard ».

Et pour Marie-PompA�i Cullin, son autre avocate, M. Bendaoud n’a pas pu faire le lien avec Abdelhamid Abaaoud. « Personne ne pouvait envisager le 17 novembre qu’Abdelhamid Abaaoud A�tait en France », a plaidA� l’avocate. Nous A�tions « tous persuadA�s » qu’il se trouvait en Syrie.

– « Jawad tragedy club » –

Jawad Bendaoud ignorait aussi que les deux hommes qu’il logeait A�taient en fuite, selon son avocate. Elle a mis en avant « l’indiffA�rence » du logeur pour les deux hommes et Hasna AA?t Boulahcen, qui les a amenA�s chez lui. Ils se perdent dans l’immeuble, mais cela ne l’A�meut pas vraiment. « Il s’en fout complA?tement d’eux », a rA�pA�tA� l’avocate.

Avec les A�coutes tA�lA�phoniques, « on a la dA�monstration qu’il ne savait pas » qu’il hA�bergeait des terroristes, ajoute Me Nogueras. « Et puis il va se prA�senter devant les camA�ras et A�a c’est magnifique. Si vous A�tiez mA?lA� A� tout A�a, est-ce que vous iriez demander aux journalistes des photos des terroristes? », interroge-t-il.

Le « logeur » de jihadistes du 13 novembre, Jawad Bendaoud le 18 novembre 2015 A� Saint-Denis, dans une capture vidA�o de BFMTV

« Jusqu’A� aujourd’hui je ne comprends pas ce qui m’est arrivA� », a confiA� M. Bendaoud. « Je vais A�crire un bouquin en sortant » de prison, a-t-il dit, tant il ne supporte plus de rA�pondre aux mA?mes questions: « +Comment, pourquoi, et ton pote, et la fille? T’es con ou quoi?+ Je vais devenir fou ». « C’est pas le Jawad comedy club, mais plutA?t le Jawad tragedy club ».

Son voisin dans le box, Mohamed Soumah, A�galement jugA� pour « recel de malfaiteurs terroristes » a redit qu’il A�tait « dA�solA� » pour les victimes. « MA?me si je n’A�tais au courant de rien, c’est de ma faute tout ce bordel: c’est moi qui ai prA�sentA� Hasna (AA?t Boulahcen) A� Jawad ».

Le troisiA?me prA�venu, Youssef AA?t Boulahcen, jugA� pour « non-dA�nonciation de crime », comparait libre mais risque gros: le parquet a requis cinq ans de prison avec mandat de dA�pA?t contre lui. « Oui, Abdelhamid Abaaoud est mon cousin germain. Et je suis le frA?re d’Hasna AA?t Boulahcen. Mais ce n’est pas de ma faute », a-t-il dit.

« Je ne suis pas liA� A� Daesh, cette idA�ologie de destruction », a tentA� de convaincre le prA�venu.

AFP

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