Aux Etats-Unis, les jeunes Américains défilent pour mettre fin à la libre circulation des armes à feu

Des centaines de milliers d’Américains manifestent samedi pour réclamer des restrictions à l’achat d’armes à feu, après la tuerie de Parkland qui a fait 17 morts en février.

« Plus jamais ça ! » Depuis la tuerie dans un lycée de Parkland, qui a fait 17 morts mi-février, les jeunes Américains, menés par les rescapés de la fusillade en Floride, prônent la fin de la libre circulation des armes à feu dans le pays.

Pour faire entendre leur voix, ils sont des centaines de milliers à s’être rassemblés dans plusieurs villes des Etats-Unis, samedi 24 mars : New York, Cincinnati, Atlanta, Chicago ou encore St. Paul (Minnesota). Près de 800 000 personnes, selon les organisateurs cités par NBC, ont également défilé à Washington, dont des lycéens de Parkland.

« Nous sommes les gens qui ont peur d’aller à l’école tous les jours parce que nous ne savons pas si nous serons les prochains », a expliqué Lauren Tilley, 17, venue spécialement de Californie pour le rassemblement.

Le mouvement de protestation contre la libre circulation des armes à feu ne retombe pas depuis le massacre de Parkland. « Cette marche n’aurait pas lieu sans la fusillade dans mon école, donc cela va être un moment difficile, a confié Carlos Rodriguez, l’un des rescapés du lycée de Floride. Mais je me sens fier d’être l’un des élèves qui ont lancé ce mouvement. » Ils ont notamment reçu le soutien de Barack Obama qui a publié un tweet samedi en fin d’après-midi.

« Michelle et moi sommes tellement inspirés par tous les jeunes qui ont organisé les marches aujourd’hui (…) Rien ne peut se mettre en travers de millions de voix qui appellent au changement. »

« S’ils préfèrent les armes à nos enfants, votez contre eux »

Lycéen à Parkland, David Hogg a prononcé un discours samedi à Washington.
Lycéen à Parkland, David Hogg a prononcé un discours samedi à Washington. Andrew Harnik / AP

Les jeunes Américains dénoncent notamment la collusion entre les élus et le puissant lobby des armes, la National Rifle Association (NRA). « Faisons primer les USA sur la NRA », a ainsi lancé David Hogg, un lycéen devenu l’un des porte-voix du mouvement, en appelant à faire sauter les verrous dans les urnes.

« Si vous tendez l’oreille, vous pouvez entendre que les personnes au pouvoir tremblent. Nous allons en faire une question de vote, dans chaque élection, dans chaque Etat, dans chaque ville. »

 « S’ils préfèrent les armes à nos enfants, votez contre eux », disait une pancarte brandie par un protestataire. « Politiciens : soit vous représentez le peuple, soit vous prenez la porte. Soutenez-nous ou méfiez-vous, les élections approchent », a également lancé à la foule Cameron Kasky, 17 ans, un des lycéens venus de Parkland.

A Washington, la petite fille de Martin Luther King, Yolanda Renee King, âgée de seulement 9 ans, a lancé un appel vibrant contre les armes à feu samedi.

« Je fais un rêve dans lequel trop c’est trop. Et il ne devrait pas y avoir d’armes dans ce mondeFaites passer le message, entendez-vous ? A travers tout le pays. Nous allons être une grande génération. »

Les manifestants réclament également un cadre législatif plus contraignant pour l’obtention d’armes à feu, comme le contrôle des antécédents. Mais le président des États-Unis, Donald Trump, reste un partisan du droit de port d’arme. Il avait évoqué un renforcement du contrôle des armes à feu avant de reculer quelques jours après.

M. Trump n’envisage pour l’instant qu’une amélioration du système permettant de vérifier si un client potentiel n’est pas interdit d’achat d’armes compte tenu d’antécédents judiciaires ou psychologiques, de même que des mesures visant la protection des établissements scolaires. Deux réponses soutenues par la NRA.

In lemonde.fr

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