Conflit arabie saoudite yémen

La guerre au Yémen est au départ un conflit tribal et confessionnel dans un pays jeune, formé en 1990. Le Yémen est le pays le plus pauvre du Moyen-Orient. Depuis mars 2015, il est bombardé par une coalition de pays emmenée par l’Arabie saoudite, l’un des plus riches. Le conflit à forte dimension régionale a fait plus de 10 000 victimes, il touche principalement les civils qui sont au bord de la famine. Il a aussi conduit à la destruction de nombreuses routes, hôpitaux, écoles les civils sont les premiers à en souffrir. Ces morts sont à 60 % imputables aux frappes de la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite, qui bombarde des zones d’habitation pour atteindre des chefs rebelles. Le royaume saoudien veut notamment éviter que l’Iran ne parvienne à mettre en place un nouvel État allié, renforçant ainsi sa position stratégique dans la région. De fait, le Yémen est donc devenu la victime de ces deux puissances qui revendiquent le leadership de leur courant de l’Islam respectif. Un champ de ruines dans lequel milices islamiques, seigneurs de guerre et trafiquants commencent peu à peu à prendre le dessus sur des structures étatiques en ruines – et où la population, comme en Syrie, est prise entre deux feux. l’Arabie saoudite est une alliée de la plupart des grandes puissances internationales. L’armée américaine fournit la majorité des armes utilisées par le royaume saoudien dans cette guerre, sans parler des nombreux conseillers militaires américains présents sur place pour assurer une partie de la logistique des opérations – et fournir de précieux renseignements, récoltés par la CIA et la NSA. En 2015, des contrats d’armement d’une valeur totale de 1,3 milliard de dollars (1,2 milliards d’euros) ont ainsi été conclus entre les deux pays. . En 2015 la France a exporté pour 141 millions d’euros d’armes vers l’Arabie saoudite bien que les suspicions de crime de guerre étaient déjà largement répandues et cerise sur le gâteau a offert la légion d’honneur au ministre de l’intérieur saoudien, Mohammed ben Nayef, pourtant à l’origine de l’offensive saoudienne sur le Yémen. Lui qui avait dit d’Adolf Hitler qu’on « aurait dû davantage l’écouter ». États-Unis, Europe et Israël soutiennent les sunnites saoudiens, Russie et Chine pour les chiites iraniens. Les contrats d’armement passés avec l’Arabie saoudite et les autres pays du Golfe empêchent sans doute les États-Unis, le Royaume-Uni et la France de faire pression pour stopper une guerre inutile et meurtrière. Ils sont même incapables de réellement critiquer les crimes commis contre les civils C’est La pire crise humanitaire au monde, les massacres et l’exil sont devenus normaux au Yémen où des souffrances qui ne seront pas oubliées pendant plusieurs générations, s’accumulent. 91 martyrs et blessés dans un nouveau massacre de la coalition arabo-US dans la capitale du Yémen Sana’a le 7 mai 2018. D’après l’ONU, 17 millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire. Sept millions de personnes risquent la famine. Mes chers amis le but de mon article n’est pas de décrire la genèse de la guerre Arabie Saoudite-Yémen mais de dénoncer les moyens mirobolants que possède l’Arabie Saoudite pour bombarder des civils et réduire un pays en cendres. Le Royaume a vu depuis la mi-2014 ses revenus pétroliers chuter lourdement avec la baisse des prix du baril . En effet, grand pays pétrolier, le pays fait face de plus en plus à la diminution des réserves. Dès lors, il semble urgent de se trouver un autre levier. C’est pourquoi le pèlerinage constitue le deuxième flux de devises pour l’Arabie Saoudite après le pétrole. Avec un déficit budgétaire de près de 100 milliards de dollars en 2015, lié à l’effondrement du prix du pétrole, l’Arabie saoudite cherche à tout prix à relancer sa croissance en diversifiant son économie. Alors que jusqu’à présent les revenus de pétrole représentaient 80% des recettes totales du pays, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que l’Arabie saoudite devait cesser de se reposer sur l’argent que l’or noir a longtemps fait couler à flot dans ses banques. Dans un effort d’équilibre du budget, le gouvernement saoudien a déjà réduit plusieurs de ses dépenses, vendu des obligations d’Etat, et tapé dans ses réserves de change pour compenser l’impact négatif de la chute du prix du pétrole sur l’économie. Les réserves de l’Arabie saoudite ont chuté de 737 milliards de dollars en 2014 à 640 milliards de dollars. Donc après l’or noir, c’est l’or blanc c’est-à-dire le hadj et la omra qui constituent la richesse du pays. « Jusqu’à la découverte du pétrole, le Hadj était la première ressource de l’Arabie saoudite », rappelle pour sa part l’historien Luc Chantre, spécialiste du pèlerinage à l’époque coloniale. « Même avant l’avènement de l’Islam, la Mecque était une place marchande. C’était un lieu d’échange international où le religieux et le commerce ont t
Dr Ismail GUELLIL

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