Cours du pétrole : 2017 sera dure pour l’Algérie

opec-3L’Algérie est décidemment malchanceuse dans ses prévisions au sujet des cours du pétrole. Alors que le gouvernement table sur une stabilisation des prix durant l’année 2017 autour de 60 dollars, rien n’est pourtant moins sûr. Le dernier rapport de l’agence internationale de l’énergie (AIE) n’est guère optimiste en ce sens qu’il prévoit une croissance importante de la production du brut hors OPEP.

Autrement dit, il y aura durant l’année 2017, nettement plus de pétrole sur le marché qu’en 2016. Du coup, la déprime des prix va au mieux stagner au pire va empirer. L’accord d’Alger qualifié «d’historique», ne sera d’aucun secours dés lors que les producteurs non OPEP ne sont pas obligés de respecter ses termes. Des gros producteurs à l’image de la Russie et de la Norvège en plus du pétrole de schiste américain risquent de rendre l’accord de l’OPEP nul de tout effet sur les cours. 

Ceci à supposer que tous les pays membres du Cartel vont respecter scrupuleusement leurs engagements de réduire leur niveau de production pour stimuler les prix du pétrole. Ce qui est loin acquis tant les divergences tues à Alger vont resurgir sans doute à Vienne. L’Accord d’Alger devrait en l’occurrence être confirmée lors de la prochaine réunion ordinaire de l’OPEP à Vienne devant se tenir à la fin de ce mois. 

Or, les enjeux géopolitiques liés notamment à la guerre en Syrie risquent de plomber cette stratégie de redressement des cours du pétrole. L’Arabie Saoudite annonce déjà la couleur en menaçant de ne pas réduire sa production pour faire pression sur l’Iran. Elle vient de suspendre d’ailleurs ses livraisons de gaz à son ex ami d’Egypte Al-Sissi à cause précisément de sa position favorable à la Russie  dans la solution de la guerre en Syrie.

Mauvaise nouvelle de l’AIE

Et, tout porte à croire qu’elle va passer à l’acte même si son économie est gravement impactée. Mais le royaume dispose d’une grande capacité de résistance par rapport à l’Algérie. L’ex PDG de Sonatrach Abdelmadjid Attar vient  d’ailleurs de confirmé ces  prévisions pessimistes. Dans une étude qu’il a réalisée, conclut que les recettes des exportations des hydrocarbures algériennes devraient chuter à 27,1 mds usd, contre 33,1 mds usd en 2015, 58,4 mds usd en 2014 et 63,5 mds usd en 2013. 

L’expert estime que les exportations hors hydrocarbures devraient se situer autour de 1,2 milliard usd (contre 1,9 milliard usd en 2015). Maigres petite lueur de ce tableau noir, Attar soutient que l’exercice en cours devrait se solder par des importations de l’ordre de 47 mds usd contre 51,7 mds usd en 2015, 58,6 mds usd en 2014 et 65,8 mds usd en 2013. 


Mais le déficit budgétaire va se creuser davantage à hauteur de 30 mds avec des recettes prévisionnelles estimées à 42 mds usd environ dont 15 mds usd provenant de la fiscalité pétrolière, alors que les dépenses s’élèveront à 72 mds usd. Conséquence immédiate selon l’expert, les réserves de changes devraient se contracter dans le meilleur des cas à 114 mds usd d’ici à la fin de l’année 2016. C’est dire que l’exercice 2017 s’annonce très compliqué pour les finances publiques dans la mesure où l’Algérie devra faire avec un baril pas cher et des dépenses quasi incompressibles. 

Source: Algerie1.com

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