Diabète : on peut régénérer les cellules du pancréas détruites

Une équipe française est parvenue à régénérer des cellules produisant de l’insuline, grâce à l’administration d’un neurotransmetteur disponible sous forme de complément alimentaire. Une avancée majeure dans la lutte contre le diabète de type 1.

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CELLULES BÊTA VUES AU MICROSCOPE (INSULINE COLORÉE EN ROUGE, NOYAUX EN BLEU).Cette découverte pourrait un jour révolutionner la vie des 300 000 patients atteints de diabète de type 1 en France. L’équipe du biologiste Patrick Collombat de l’Institut Valrose (Inserm/CNRS/Université de Nice Sophia Antipolis) a identifié un neurotransmetteur pouvant induire la régénération des cellules produisant de l’insuline, l’hormone manquante chez les diabétiques, qui permet de diminuer le taux de glycémie après un repas. Une découverte réalisée chez la souris et partiellement validée chez l’homme, qui a fait l’objet d’une publication dans la revue Cell.

 Une première avancée majeure en 2009

Certes, le diabète de type 1 ne représente que 10 % des cas de diabète, mais c’est la forme la plus grave de la maladie. Il apparaît jeune et se caractérise par la destruction, dans le pancréas, des cellules bêta produisant l’insuline. Depuis de nombreuses années, l’un des enjeux de la recherche est de trouver comment restaurer ces cellules, notamment parce que les traitements actuels ne suffisent pas toujours à éviter de graves complications.

En 2009, l’équipe de Patrick Collombat est parvenue à recréer des cellules bêta en modifiant génétiquement d’autres cellules du pancréas qui leur ressemblent : les cellules alpha, productrices de glucagon (l’hormone qui a une action opposée à l’insuline, entraînant une hausse de la glycémie). En activant un gène nommé Pax4, les chercheurs ont converti les cellules alpha en bêta, conduisant à une augmentation massive du nombre de cellules bêta chez la souris. Mais pour espérer un jour pouvoir transposer cette découverte à l’homme, il fallait trouver un composé qui permette de recréer cette modification induite génétiquement. « Notre avancée était importante, mais il n’était pas possible d’agir de cette manière sur le patrimoine génétique d’un être humain« , explique dans un communiqué Patrick Collombat.

25 % de cellules bêta en plus

Et le composé tant recherché a finalement été déniché : il s’agit de GABA, un neurotransmetteur, présent naturellement dans l’organisme mais aussi disponible sous forme de complément alimentaire. Chez la souris, GABA induit, sans aucune modification génétique, la régénération continue et contrôlée des cellules alpha du pancréas et leur transformation en cellules bêta (voir image ci-dessous). Les cellules ainsi générées sont fonctionnelles et peuvent soigner plusieurs fois un diabète induit chimiquement chez la souris ! Forts de ce résultat, les chercheurs ont placé in vitro des cellules îlots de Langerhans humains (qui contiennent à la fois des cellules alpha et bêta) en présence de GABA. Résultat : après 14 jours de culture, le nombre de cellules alpha a diminué de 37% au profit d’une augmentation de 24% des cellules bêta. Même résultat lorsque l’on transplante des îlots de Langerhans humains chez la souris et que l’on supplémente quotidiennement l’alimentation des souris en GABA pendant un mois. « Ces résultats sont prometteurs quant à l’efficacité probable de cette solution pour l’homme », se réjouissent les chercheurs, qui vont lancer prochainement des essais thérapeutiques afin de déterminer si GABA pourrait effectivement un jour aider des patients atteints de diabète de type 1.

source:http://www.sciencesetavenir.fr/

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