Durée des trajets, consommation d’essence… Que changera la baisse de la vitesse à 80 km/h pour les automobilistes ?

ROUTES – La vitesse sera bien limitée à 80 km/h au lieu de 90 sur les routes à double sens sans séparateur physique à partir du 1er juillet prochain, a annoncé ce mardi le Premier ministre Edouard Philippe. Quels seront les effets concrets de cette mesure pour les automobilistes ? LCI sort la calculette.

La mesure « pourrait sauver de l’ordre d’une vie par jour », a fait valoir Edouard Philippe en l’annonçant ce mardi, à l’issue d’un Conseil interministériel sur la sécurité routière. A partir du 1er juillet prochain, la vitesse sera limitée à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles nationales et départementales, au lieu des 90 km/h actuels. Quelles conséquences directes, au-delà des objectifs affichés de lutte contre la mortalité sur les routes, cette décision entraînera-t-elle au quotidien pour les conducteurs et leurs passagers ?

Quel impact sur la durée du trajet ?

Tout naturellement, cette limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes nationales et départementales entraînera un trajet plus long pour les conducteurs. Pour parcourir 10 kilomètres à 90 km/h, en ne prenant pas en compte les aléas du trafic et la signalisation, il faut environ un peu plus de 6 minutes, 6 minutes et 40 secondes plus exactement. À 80 km/h, ces 10 kilomètres  se feront en un peu plus de 7 minutes (7 minutes et 30 secondes).

Pour en faire 20 à 90 km/h, il faut environ 13 minutes, contre 15 si la limite de vitesse à 80 km/h est adoptée. Et pour une distance de 50 kilomètres, il faut environ 37 minutes et 30 secondes à la vitesse de 80 km/h, contre un peu plus de 33 minutes à 90 km/h. La différence, plus légère donc que certains pourraient le redouter, est d’autant plus limitée que, entre les passages dans les villes ou les ronds-points, l’automobiliste doit de toute façon réduire sa vitesse à intervalles réguliers sur de tels trajets.

Quel impact sur la consommation de carburant ?

Si le trajet sera donc forcément plus long pour l’automobiliste avec cette mesure, elle lui permettra en revanche d’économiser sur sa consommation de carburant. Car, comme ne manque pas de la signaler Bison Futé, « conduire moins vite, c’est moins cher ». « L’éco-conduite permet de réduire de près de 15% sa consommation de carburant », est-il indiqué sur son site, qui précise qu’une réduction de vitesse de 10 kilomètres par heure permet d’économiser entre 3 et 5 litres de carburant sur une distance de 500 kilomètres. Soit une économie estimée entre 4 et 7 euros.

Quel impact sur la pollution ?

Outre la durée du trajet ou encore la consommation de carburant, la baisse de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles devrait avoir un effet non négligeable sur les émissions de pollution des véhicules dans l’Hexagone. Ainsi, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) explique qu’une vitesse à 80 km/h permet, selon les études, de « diminuer les émissions de NOx, de PM10 et de COV jusqu’à 20%. »

« Si on s’en tient seulement aux courbes à l’émission, ce qu’émet un véhicule en fonction de sa vitesse, cela a potentiellement un impact assez positif. Tout dépend du nombre de véhicules en circulation, mais toutes ‘flottes’ confondues, cela baisse », nous explique Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France. « D’un point de vue épidémiologique, vous n’avez pas d’’effets de seuil’ sur certains polluants tels que les particules, c’est-à-dire que chaque baisse, infiniment petite soit-elle, a un impact direct et positif sur la qualité de l’air, sur la santé », conclut notre interlocuteur.

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