Egypte : la peine de mort contre Morsi annulée, 40 000 détenus d’opinion

L’ancien président islamiste avait été condamné à la prison à vie, en juin 2015, dans un procès pour espionnage au profit du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de l’Iran.

morsi_901864427La Cour de cassation égyptienne a annulé mardi une condamnation à perpétuité prononcée contre Mohamed Morsi après sa destitution en 2013 par l’armée, ont indiqué un responsable judiciaire et l’avocat de l’ancien président islamiste.

En juin 2015, il avait été condamné à la prison à vie, dans un procès pour espionnage au profit du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de l’Iran. Une peine qui équivaut à 25 années de détention en Egypte.

La cour a également annulé les peines de morts prononcées à l’encontre de hauts responsables de la confrérie des Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi. La Cour de cassation a ordonné un nouveau jugement, « le verdict était entaché de vices juridiques », selon l’avocat Abdel Maqsoud

Une peine de mort déjà annulée

Dans un autre procès pour espionnage, Mohamed Morsi a été condamné une nouvelle fois à la prison à vie avec dix co-accusés pour le vol de « documents relevant de la sécurité nationale » et leur livraison au Qatar, selon l’acte d’accusation.

La semaine dernière, la Cour de cassation avait déjà annulé la peine de mort prononcée contre Mohamed Morsi pour son rôle dans des évasions massives de prison et des attaques contre la police durant la révolte qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir en 2011.

Répression sanglante

L’Egypte est sous la botte de l’Armée. Le 21 avril 2015, Mohamed Morsi a écopé de 20 ans de prison pour des violences contre des manifestants durant sa courte mandature. A ce jour, ce verdict est le seul à avoir été rendu définitif par décision de la Cour de cassation en octobre 2016.

L’ancien président islamiste et ses partisans sont la cible d’une répression sanglante depuis qu’il a été destitué, en juillet 2013, par l’ex-chef de l’armée, Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige aujourd’hui le pays d’une main de fer. Les prisons sont pleines de détenus d’opinions. Ils sont 40000. Pas seulement des islamistes mais aussi des jeunes rebelles de la place Tahrir, des démocrates qui se sont dressés contre l’autoritarisme du maréchal-président. On évoque un millier de disparus.

Trois ans après le putsch, le pays traverse aussi une grave crise économique

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