Entretien avec le chanteur Mourad Menhoudj.

Quelle surprise de trouver enfin un jeune encouragé par sa famille à persévérer dans le domaine de la chanson ! Un jeune qui a donné autant d’importance à sa passion qu’à ses études. Une voix forte, chaleureuse et mélodieuse. Il est parmi les rares chanteurs qui font de leur passion un plaisir au quotidien. Il prend le temps nécessaire pour réaliser ses compositions et les présenter à son public avec générosité et satisfaction. Tel est Mourad Menhoudj qui a accepté joyeusement de répondre à nos questions.   

Relais Médias: Qui est Mourad Menhoudj ?

Mourad Menhoudj : Je suis natif de M’Chedallah, ex Maillot, de la wilaya de Bouira. J’ai commencé à jouer de la guitare à l’âge de 12 ans, mon frère ainé m’avait offert une petite guitare. Et je tiens à préciser que ma guitare s’appelle la balalaïka, à 3 cordes et vient de Cuba mais originaire de Russie. Au départ, j’ai débuté par des tâtonnements après je me suis amélioré et perfectionné en fréquentant la maison de jeunes du village et en côtoyant des musiciens amateurs.

Relais Médias: Avez-vous délaissé vos études pour vous investir complètement dans votre passion ?

Mon père me laissait faire à condition d’avoir de bonnes notes et cela m’a encouragé et m’a fait pousser des ailes ; je trouvais que c’était une condition légitime. Donc j’ai bien travaillé à l’école et aimé ma passion. A partir du moment où j’ai commencé à jouer correctement, j’ai participé aux fêtes de fin d’années scolaires, à la célébration de certaines dates nationales, régionales et religieuses. Je répondais toujours présent. Puis avec des amis, j’ai constitué un groupe de chants et musique. Tout cela à M’Chedallah, jusqu’à l’obtention du bac.

Relais Médias: A l’université, avez-vous continué dans votre lancée ?

Oui, et c’est une nouvelle  étape de mon parcours qui commençait. J’exploitais mon temps libre à composer mes propres mélodies. En tambourinant dans la chambre entre étudiants, j’ai croisé la personne qui a jumelé ses merveilleux poèmes à mes musiques mélodieuses pour donner naissance à de sensationnelles chansons sentimentales et touchantes qui ont enchanté le milieu estudiantin. J’ai eu l’honneur aussi de rencontrer et de connaître mon ami Brahim Tayeb qui m’a sollicité à organiser un grand gala à la salle El Mougar d’Alger en présence de Hacène Ahres.

Relais Médias: Qui est ce fameux poète, dont les paroles extraordinaires ont convenu par hasard à vos mélodies ?

Il s’agit de Monsieur ARBANE Massi, de mon village mais je n’ai découvert son talent qu’en le côtoyant à l’université d’Alger. Mes chansons ont commencé à plaire et avoir de l’impact sur le public d’où l’idée d’enregistrer mon premier album.

Relais Médias: Comment  vous êtes passé au studio alors que vous étiez étudiant et comment avez-vous intitulé votre premier album ?

Ben, j’ai empreinté à ma famille. Mon CD a eu pour titre « Thekkad si thalla » et il a eu un succès inattendu. Vendu à des milliers d’exemplaires et commercialisé par plusieurs maisons de disques en commençant par Djurdjura music  d’Iferhounène en passant par Akbou music,  Allagh music, éditions Amazigh et Africa-Editions pour le dernier produit.

Relais Médias: Avez-vous continué sur la même lancée ?

C’était en 1991 et malgré les circonstances de cette période, l’album a fait son bout de chemin quant à moi, à cause de ces circonstances  justement, j’ai quitté le pays malgré moi, pour m’installer en France comme la plupart  de nos jeunes. Et donc, j’ai passé de longues années en sourdine. Arrive un moment où je sors quand même de mon hibernation et je rentre une nouvelle fois au studio pour enregistrer « Anfiyi » en 2000.

En 2010,  un autre, intitulé « A dunith », puis ces jours-ci, un autre encore où j’ai donné une nouvelle version à quelques anciennes chansons comme « Thekkad si thalla » que j’ai repris mais en duo, « Wissen ma mazal lekhyal », « Ahkuyas  a yahviv felli »  et enfin «  Wajviyid « en rajoutant  de nouvelles chansons qui parlent de la mal vie, de déception et désespoir de l’émigration «  A thamurthiw a3zizen » et puis une autre rythmée qu’on appelle chanson de fête.

Relais Médias: Pourquoi de si longs intervalles entre vos albums ?

D’abord, je ne fais pas ça pour l’argent, c’est avant tout une passion. Je prends mon temps pour bien faire et le non-stop n’est pas ma tasse de thé. Et donc il n’ y a pas nécessité de faire un album chaque année, ce n’est pas mon gagne-pain.

Relais Médias: Avez-vous fait la scène ?

Pas énormément, mais j’en ai fait en kabylie surtout pour des galas de solidarité. Ici aussi avec des associations villageoises pour célébrer les grandes dates de notre identité berbère.

Relais Médias: Quels sont vos projets ?

Je viens de finir un clip diffusé actuellement sur Youtube, je fais la promotion de mon nouvel album dont les chansons sont  toutes disponibles sur Youtube et sur mon compte face book.

J’ai en instance deux autres clips, l’un pour une chanson sentimentale et un autre pour une chanson rythmée qui seront en principe prêts pour l’été prochain.

Je prépare également une tournée en Algérie, principalement en Kabylie et peut-être Alger.

Par ailleurs, je suis attendu sur la chaine TV4, à « Top Chna » et « Mrahva », puis à Canal Algérie.

Relais Médias: Que est votre message ?

Sur le plan personnel, mon souhait serait de faire beaucoup de scènes, ce que je n’ai pas fait auparavant et d’être en contact direct avec le public. Parallèlement, je salue toute personne qui lira cet entretien, et par la même occasion, je dis à mes fans que c’est grâce à vous que je suis  là et je serai toujours là pour vous faire plaisir.

Sur un autre plan, je salue le journal « Relais Média » de m’avoir honoré en m’ouvrant  ses portes et parler de moi.

Interview réalisée par : Farida LARIBI

https://mail.google.com/mail/u/0/?tab=wm#inbox/16281dcbe5e09228?projector=1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PARTAGER