Ceux qui ont trouvé la mosquée de leurs rêves pour un «tarawih» parfait, réservent avant le f’tour les places du 1er rang avec des sacs ou des objets leur appartenant…

La prière des «tarawih»n’est pas comme n’importe quelle prière! C’est devenu un phénomène de mode que l’on doit pratiquer dans la «mosquée in»! La choisir est donc un exercice qui demande beaucoup d’habilité et de sacrifices, quitte à parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomè-tres.

Et pour faire ce choix, il y a des critères très précis que les fidèles les plus assidus scrutent à la loupe. D’ailleurs, ils ont mis à profit pour répertorier les adresses du meilleur coin «tarawih» qu’ils s’échangent en toute fraternité. Kamel fait partie de ces assidus fidèles qui ne badinent pas sur le choix de la mosquée. D’ailleurs, il n’hésite pas à parcourir une dizaine de kilomètres jusqu’à la commune voisine de Rouiba pour faire sa prière. «Depuis le début du Ramadhan, je viens à la mosquée Kandahar (Omar ibn El Khattab) de Rouiba à cause de l’imam dont la manière de réciter le Coran me plaît», affirme-t-il.

Toutefois, il avoue que ce n’est pas la seule raison. Il parle d’une condition sine qua non qui a déterminé son choix: le parking! «Je vous l’avoue, si devant cette mosquée qui se trouve en retrait du centre-ville, il n’y avait pas où garer sa voiture, je n’y serais jamais venu!», atteste-t-il. Kamel n’est pas le seul à placer le parking comme priorité dans le choix de sa mosquée. Aâmi Ali, chauffeur de taxi fait le même aveu. «Ah, moi je choisis la mosquée d’après le parking. Je dois impérativement prendre ma voiture pour aller prier car dès que les «tarawih» se terminent, je commence directement le travail», assure- t-il sans ambages.

«Je ne vais quand même pas faire ma prière des «tarawih» et penser pendant plus d’une heure à ma voiture, si elle est en sécurité, si elle est bien garée…», ajoute-t-il. Le parking est donc indispensable, chose que beaucoup d’imams ont compris. Ils ont dans ce sens chargé des jeunes de réguler ses parkings, aider les automobilistes à stationner et surtout sécuriser les lieux. Néanmoins, le parking seul ne suffit pas. Il faut demander à Na Ouiza. Essoufflée, cette septuagénaire arrive à la mosquée. Cela fait plus d’une demi-heure qu’elle marche à pied. Malgré son âge avancé et malgré le fait qu’il y ait une mosquée à 5 minutes de chez elle, Na Ouiza préfère faire cette trotte. La raison? «La mosquée de mon quartier est exiguë. Il y a trop de monde.

Mais surtout il n’y a pas assez de climatiseurs. On crève de chaleur à l’intérieur. Alors, je préfère marcher pendant 30 minutes que de suffoquer sous la chaleur pendant plus d’une heure», explique-t-elle. El Hadja Aouaouche rejoint Na Ouiza dans l’importance de la climatisation dans le choix des mosquées. Tout comme son mari Aâmi Tahar. «Avec le nombre important de fidèles qui vont dans les mosquées pour la prière des «tarawih», s’il n y a pas une bonne climatisation dans la mosquée, on risque d’étouffer surtout avec la chaleur qu’il fait en été. Alors, si on ne trouve pas une bonne climatisation, on change…», certifie Aâmi Tahar.

Il est vrai que ces dernières années le mois sacré du Ramadhan tombe en plein été. Avec la chaleur caniculaire qui règne et le nombre élevé de personnes qui prennent d’assaut les mosquées pour la prière des «tarawih», ça devient une véritable fournaise! Il est difficile pour les fidèles de supporter, particulièrement les personnes âgées. Surtout que cette prière dure plus d’une heure. Alors, la «clim» devient incontestablement un atout à faire valoir. Parking et climatisation sont donc des conditions incontestables pour les fidèles dans le choix de leur mosquée. Mais dans tout cela reste-t-il une place pour l’imam? «Absolument, la mosquée que je fréquente est loin de chez moi. Mais c’est à cause de l’imam et sa réputation que je suis venu ici», fait savoir Krimo.

En effet, beaucoup de personnes que nous avons interrogées affirment choisir une mosquée et pas une autre à cause de l’imam. Et quand elles parlent de l’imam, elles parlent non seulement de la qualité de la récitation du Coran, mais aussi du fait que les «tarawih» se déroulent plus rapidement chez certains que chez d’autres. D’ailleurs, des mosquées ont même recouru à des «guest-star» pour se distinguer de la «concurrence». Elles ont ainsi ramené des «pointures» d’Egypte et du Moyen-Orient qui viennent pour un petit séjour, spécialement pour diriger la prière des «tarawih». C’est le cas d’une mosquée de Bab Ezzouar qui fait tous les jours le plein. Elle est même trop exiguë pour accueillir toute la foule qui la prend d’assaut. Pas découragés d’un iota, les fidèles envahissent les trottoirs avoisinants pour prier. Parking, climatisation et bien sûr, imam, sont le trident qui fait une mosquée parfaite pour les «tarawih».Ceux qui ont eu la chance de la trouver, réservent avant le f’tour les places du 1er rang avec des sacs ou des objets leur appartenant…

In  Lexpressiondz.com

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