Khali Chaavane, le combattant kabyle de Zouara est tué en Libye !

Khali ou bien Xali Chaavane, le kabyle de Zouara. Il est Originaire de Mechtras, dans la wilaya de Tizi Ouzou, Chaâbane a grandi à Alger, sur les hauteurs de Bouzaréah. Cet homme exceptionnel a choisi de vivre et de combattre auprès de ses frères amazighs de Libye. Khali Chaavane, comme tout le monde l’appelle avec respect est mort ce matin du 5 janvier 2018, victime d’une attaque d’une milice de Zentane dirigée par le nommé Oussama Jouili. Paix à son âme. 

Nous publions ci après le portrait qui lui a été consacré par le journaliste Djamel Alilat, lors de son voyage en Libye, avec le chanteur Oulahlou. Ledit portrait é été publié dans le journal El Watan en janvier 2012.

Je republie le portrait que j’ai brossé de lui dans mon reportage publié par mon journal El Watan et quelques photos que j’ai de lui.

Chaâvane le kabyle de Zouara :

«J’ai tué et j’étais prêt à me faire tuer pour mes frères libyens »

Originaire de Mechtras, dans la wilaya de Tizi Ouzou, Chaâbane a grandi à Alger, sur les hauteurs de Bouzaréah. Un beau jour de l’année 2007, ce ferronnier de métier décide d’aller voir si les cieux sont plus cléments sous les latitudes libyennes. Arrivé dans la ville de Zouara Chaâvane est très fatigué par le long voyage. « C’est bon, je descends ici », dit-il au chauffeur de taxi, tout simplement parce qu’il venait de voir le fameux Z amazigh peint sur un mur. Descendu dans une ville étrangère où il ne connaît personne notre aventurier a la surprise d’entendre une chanson de Lounes Matoub sortir d’une voiture garée sur le trottoir. Il s’approche, croyant avoir affaire à des compatriotes, et il a la surprise de découvrir des libyens, grands admirateurs de Matoub et amazighs comme lui. Dès cet instant une grande amitié le liera avec ses gens, notamment Mohend Abou Adjadja, avocat. Cet ami intime, Mohand, tombera en martyr au champ d’honneur le 31 mars 2011.
Chaâvane trouve du travail et fait son petit trou à Zouara. Lorsque la révolution libyenne éclate, c’est tout naturellement qu’il prend les armes aux côtés de ses compagnons. « Je n’ai fait que mon devoir car j’ai partagé le sel et le pain avec eux », dit-il avec modestie. Il se tait un instant et ajoute : « Il faut voir leur réaction le jour où l’Algérie s’est qualifiée pour la coupe du monde. Ce sont mes frères. J’ai tué pour eux et j’étais prêt à me faire tuer ». C’est lui en tant que ferronnier qui a soudé le fameux « 14,5 » sur un pick-up.
Chaavane part avec les 100 premiers « igrawliyen » qui ont pris les armes pour s’entraîner à Djado, au cœur de l’Adrar Inefoussen. Puis, sur un bateau de pêche, ils rejoignent la Tunisie avant rentrer, toujours par mer, pour combattre à Misrata puis à Benghazi. Dans cette grande maison où nous discutons avec les hommes de la révolution et les militants de la cause amazighe chaavane accepte volontiers de poser pour une photo avec son arme. Le regard déterminé. « Comme le Colonel Amirouche », dit-il. Lorsque la révolution a triomphé et libéré tout le territoire libyen Chaavane est resté à Zouara où il jouit de l’estime et du profond respect de tous ses frères d’armes et de sang. Ali, son ami, nous raconte que durant toute la révolution chaavane a gardé quelques balles de côté. Pour le cas où il aurait rencontré des algériens qui se seraient enrôlés sous la bannière de Kadhafi.

Djamel Alilat

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