La diaspora et la diaspora algérienne en France.

Historiquement, le terme « Diaspora » (avec une majuscule, nom féminin), désigne la dispersion des Juifs après leur captivité à Babylone. De nos jours la Diaspora est la dispersion dans le monde des Juifs qui vivent hors de Palestine. , Longtemps utilisé pour désigner la dispersion des juifs dans l’Antiquité, son champ d’application s’est élargi au XX iem siècle, donc par extension une diaspora est la dispersion d’une communauté ethnique ou d’un peuple à travers le monde.

Ce terme désigne également l’ensemble des communautés dispersées d’un même peuple. Exemples : La diaspora arménienne, tzigane, irlandaise, palestinienne, kurde, chinoise. russe, arménienne, irlandaise, kurde, portugaise, etc etc…

La dispersion résulte souvent d’une guerre, d’une révolution, d’une répression ou d’un génocide.

Pour former une diaspora, les communautés émigrées d’un peuple hors de ses frontières doivent conserver des attaches avec le pays d’origine, des pratiques ou des habitudes propres à ce pays.

Les liens peuvent être de nature culturelle, religieuse, économique ou politique. Si les liens sont rompus voire inexistants, il ne s’agit pas d’une diaspora. Les communautés dispersées se donnent souvent des organisations, des porte-parole ou des rituels permettant le maintien du lien.

La référence à l’évènement qui a déclenché la diaspora est l’une des composantes essentielles de la perpétuation de l’identité de ces communautés. Donc trois définitions caractérisent la diaspora :

1. la conscience et le fait de revendiquer une identité ethnique ou nationale.

2. l’existence d’une organisation politique, religieuse ou culturelle du groupe dispersé (vie associative).

3. l’existence de contacts sous diverses formes, réelle ou imaginaire, avec le territoire ou le pays d’origine.

La diaspora algérienne est la conséquence directe du fort taux d’émigration que connaît l’Algérie essentiellement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 et la liberté donnée par l’administration coloniale française aux Algériens de s’installer en France métropolitaine à partir de 1947 parce qu’ils ont combattu pour la liberté de la France.

Il y aurait près de 7millions d’Algériens sur le territoire français. Il faut savoir que l’immigration algérienne en France est très particulière puisque elle est liée au passé colonial. Cette immigration a débuté dans les années 1900-1905.

Elle fut avant tout ouvrière, kabyle, et essentiellement masculine. Dès la fin de deuxième Guerre mondiale, un nouveau statut de citoyenneté est accordé aux Algériens, donnant notamment le droit à la libre circulation et un peu plus tard au regroupement familial.

Pendant, les années 1990, le flux migratoire s’est multiplié par 10 créant un véritable rush. Dans les années 1960 et 1970, la conjoncture économique favorable que connaît la France contribue à amplifier le phénomène et beaucoup d’Algériens créent de la richesse et occupent des postes de responsabilité. Mais en réalité et sur le terrain que fait cette diaspora et à quoi sert elle pour le pays d’origine et pour les expatriés?

En ce qui concerne son pays d’origine et selon un rapport du quotidien Reporters datant d’avril 2018.

La diaspora algérienne a apporté à son pays d’origine 2,1 milliards de dollars au cours de l’année dernière. Ce montant représente les transferts effectués vers l’Algérie via les circuits bancaires, indique un rapport publié le 22 avril par la Banque mondiale.

Ce dernier fait savoir que l’Algérie arrive en 6e position en Afrique en termes d’importance des transferts de fonds de la diaspora ; alors qu’elle est 5 fois plus nombreuse que celle des pays voisins.

Le Nigeria est le pays d’Afrique qui a reçu le plus de fonds envoyés par les citoyens installés à l’étranger en 2017. Le pays le plus peuplé du continent a reçu 22 milliards de dollars, d’après ce rapport intitulé «Migrations et envois de fonds : développement récents et perspectives» (Migration and Remittances : Recent developments and Outlook).

L’Egypte arrive en deuxième position avec 20 milliards de dollars, tandis que le Maroc occupe la troisième marche du podium avec 7,5 milliards de dollars. Il est clair que les montants transférés par la diaspora algérienne au pays ne reflètent pas totalement la réalité.

La raison ?

Les membres de la communauté algérienne établie à l’étranger préfèrent ne pas utiliser les mécanismes bancaires formels. Ils choisissent de ramener de l’argent en liquide durant les vacances d’été que de recourir aux transferts bancaires comme font le reste des diasporas. Les lenteurs et les complications des procédures bancaires en Algérie poussent les gens à utiliser les mécanismes traditionnels de transfert de fonds. Un programme de modernisation du système bancaire et financier du pays s’impose pour suivre l’évolution qui s’opère dans le reste du monde Il est important de noter également que les émigrés algériens de France préfèrent changer leur euros au marché parallèle où ils gagnent beaucoup plus au change étant donné qu’un euro vaut actuellement 205 DZ .

Le problème du rapatriement des devises de la diaspora algérienne ne se pose pas en termes d’existence ou non d’agences bancaires algériennes à l’étranger mais en termes de taux de change. Il est consternant de constater que la fuite des devises et le non renflouement des caisses de l’état ne posent aucun remord patriotique chez la majorité de la communauté algérienne à l étranger.

Le 7 Février 2018 et à l’ouverture du forum d’affaires algéro-français, à Alger ; Pierre Gattaz président du MEDEF a qualifié la diaspora algérienne en France de « force, richesse et support » pour co-construire l’avenir des deux pays, et a appelé à « exploiter les grandes mutations que connait le monde comme la transformation énergétique, la révolution numérique et les évolutions migratoires pour relever en commun les défis en matière de croissance et d’emploi ».

Ali Haddad homme d’affaires algérien ; PDG de l’Entreprise des travaux routiers, hydrauliques et bâtiments. Il est à la tête du Forum des chefs d’entreprises a affirmé que la diaspora algérienne établie à l’étranger est une richesse inespérée pour l’Algérie, que c’est un potentiel économique et scientifique de 400 000 chefs d’entreprises et hauts cadres.

D’après ALGERIE FOCUS.’ En marge de la 4ème session du Comité Intergouvernemental de Haut Niveau (CIHN), co-présidé par le Premier Ministre, Ahmed Ouyahia, l’ambassade d’Algérie en France avait organisé le 7 décembre 2017 à 17h une rencontre entre des membres de la diaspora algérienne en France et le Premier Ministre. L’objectif était de présenter la situation de notre pays et d’échanger sur les moyens d’améliorer encore davantage les liens qui unissent notre communauté, dans toutes ses composantes, avec la mère Patrie, comme le mentionnait l’invitation envoyée à plusieurs franco-algériens.

Mais il semble que les services consulaires en charge de sélectionner les invités n’aient pas réussi à attirer les bonnes personnes. D’après plusieurs sources concordantes, l’ambassadeur d’Algérie en France, monsieur Abdelkader Mesdoua, semblait fort ennuyé, voir agacé, pendant les échanges entre le Premier Ministre et les personnes présentent dans la salle, les débats n’étant visiblement pas au niveau attendu.

Une source très proche du Premier Ministre nous a confié qu’il avait été profondément déçu de la qualité des échanges et ce serait exprimé en termes peu élogieux en faisant référence aux personnes présentes. Le comportement de certains Algériens très peu soucieux du confort et du bien être de leurs compatriotes en France est dénoncé par la DARE ( Diaspora des Algériens Résidant à l’Etranger) .

Selon son vice-président, Otman Douidi : «Au cours du dernier mandat, les députés représentant la communauté algérienne de France ont brillé par leur absence sur le terrain et par des prises de décisions allant à l’encontre de la population qu’ils sont censés protéger, comme le vote de l’article 51 de la Constitution qui réduit les droits des Algériens binationaux», s’indigne-t-il.

Pour rappel, DARE est l’une des associations algériennes de France qui étaient derrière l’adoption de la loi pour le rapatriement des corps des Algériens décédés à l’étranger. Ce n’est pas tout, car en plus de ses nombreuses actions de soutien à la communauté, l’association DARE comme l’Association ensemble pour l’Avenir présidée par Monsieur Achouri Rabah et quelques membres actifs de l’association qui font un travail formidable et qui mérite d’être épauler et soutenu ils se fixent parfois des missions qui relèvent du rôle des représentations étatiques à l’étranger, comme celle de venir en aide aux travailleurs des consulats où diplomates sur le problème de la double imposition en France.

Il existe beaucoup de pseudos associations Algériennes situées en France mais qui ne font aucun travail pour protéger ou aider cette communauté, au contraire elles créent des structures qui ne servent que leurs intérêts ! (L’opportunisme)…

Pourtant il existe de jeunes Algériens nés en France qui souhaitent investir dans leur pays d’origine mais faute de réelle structure de rapprochement ou de liens de réseaux soutenant cette initiative ceux-ci se retrouvent dépourvus d’entamer des actions concrètes pour créer un réel pôle d’investissement intra-communautaire.

La diaspora devrait donc être un lien organisationnel entre ces jeunes et leur pays de souche. Aucune action de la part de la diaspora au niveau des Consulats pour qu’ils soient plus à l’écoute des émigrés algériens installés en France.

Les représentations de l’Algérie à l’étranger sont de véritables insultes pour ce pays qui saigne déjà sur son propre territoire. Les consulats alors chargés à l’étranger de surveiller et protéger les ressortissants de leur pays, l’Algérien est bousculé, mal mené, méprisé par ses propres compatriotes alors que le rôle des représentations consulaires est d’assurer la protection des personnes et des biens de la communauté algérienne, de promouvoir les intérêts économiques, politiques et culturels de l’Algérie et de délivrer les documents officiels nécessaires Les Algériens de France se plaignent régulièrement des lenteurs inacceptables au niveau des représentations de leur pays où ils se rendent pour retirer des documents administratifs ou renouveler les passeports et cartes d’identité nationale.

Outre la nonchalance administrative les émigrés d’Algérie ne trouvent ni respect ni considération devant les guichets des consulats face à des employés méprisants qui sont leurs propres compatriotes. Aucune sensibilisation ou explication de la diaspora en ce qui concerne le rapatriement des devises qui cause un énorme gâchis à l’économie algérienne. Il est lamentable de voir ces organisations se manifester que pour fêter des évènements des évènements importants de l’histoire de notre pays tels le 5 juillet, le 17 octobre, le 1er novembre….

C’est triste et révoltant de voir que ces pans dramatiques ou décisifs qui ont fait l’Algérie indépendante deviennent une occasion de réjouissances, d’opportunité et de m’as-tu vu. A l’étranger et notamment en France ces anniversaires sont honteusement fêtés avec champagne, petits fours, et belles dames. C’est l’aubaine pour beaucoup de se trouver des connaissances propices ; on échange des numéros de téléphone, des adresses, on se trouve des liens de parenté fantaisistes sous prétexte qu’on est du même bled. Aucune perspective d’aide ou d’amélioration du quotidien des Algériens émigrés

La contribution de la diaspora au développement de l’économie nationale est actuellement sollicitée dans plusieurs secteurs comme ceux de l’agriculture, l’agro-industrie, le tourisme, l’économie numérique, l’industrie de transformation, les énergies renouvelables ou l’économie verte sont autant de domaines dans lesquels les porteurs de projets pourront investir. Pour pouvoir démarrer, ces jeunes issus de la diaspora et qui sont de réels patriotes qui inspirent à œuvrer pour le réel bien être de leur pays devront se rapprocher des représentations diplomatiques, des postes consulaires ou des organismes nationaux de promotion de la micro-entreprise, lors de leur séjour en Algérie afin de se renseigner.

Accès des membres de la communauté algérienne à l’étranger à tous les programmes de promotion immobilière publique en Algérie. • Accès des jeunes de la communauté souhaitant investir en Algérie dans le cadre du dispositif de microcrédit (ANSEJ) • Les investisseurs et les industriels algériens non résidents vont accéder à tous les dispositifs de soutien des investissements au même titre que les résidents,

Confirmation de l’ouverture d’une succursale de la banque algérienne BEA en France, début 2018. Il faut absolument que la diaspora algérienne se réveille et prenne conscience de son manque d’organisation et de sa dislocation.

Il faut qu’elle soit scrupuleuse et honnête pour répondre à sa définition de vie associative, et qui dit vie associative dit collaboration, rapprochement, partenariat, partage, collectivité, amicale etc…

Or il est arrivé bien des fois où des réunions importantes ont été annulées à cause d’une mésentente entre les membres d’une association au sujet des horaires ou des lieux de rencontre et pire encore parce que le président de l’association n’était pas du même bled que la majorité des adhérents. . . .

TAGS Il faut restaurer la confiance entre les émigrés et ceux qui les représentent, en étant à leur écoute en leur accordant de la considération, en les aidants à régler les situations difficiles

et surtout en leur apprenant et en les sensibilisant à s’unir.

Ce n’est qu’à ces conditions que la diaspora sera efficace au niveau des besoins des ressortissants algériens.

Une fois forte et bien organisée la diaspora pourra devenir un lobby assez puissant et avoir une influence assez grande pour intervenir dans les décisions économiques et même politiques de l’Algérie.

Tout cela ne pourra se faire qu’avec la volonté de part et d’autre de servir son pays.
Qu’ALLAH le tout-puissant miséricorde nous pardonne et protège notre mère patrie des prédateurs.

L’union fait la force avec l’honnêteté et la véracité.

Dr Ismail Guellil

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