La double vie de l’Algérien

La double vie de l’Algérien
L’Algérien a deux langues. L’une maternelle, l’autre étrangère mais il s’exprime dans un mélange des deux avec beaucoup de gestes des deux mains. L’Algérien, qu’il soit arabo-musulman ou berbéro-athée, a toujours deux téléphones et deux puces. L’une pour le travail et l’autre pour les amis et la famille.

Il a deux voitures. Une de service et l’autre personnelle. Quand il revient du boulot avec sa voiture personnelle, il part faire le clandestin avec la voiture de service. L’Algérien a une épouse légitime et une maîtresse cachée. Sa femme porte le hidjab mais sa maîtresse un fuseau et un string. L’Algérien aime sa femme mais il la bat, il sacralise sa mère mais insulte celle des autres. Il a toujours un appartement en ville et une maison au village. Un pied dans la modernité et l’autre dans le Moyen Age. Il a deux paraboles et deux téléviseurs : l’une pour lui, dans sa chambre, l’autre pour les autres. Il supporte toujours deux clubs de foot. L’un local, l’autre espagnol.

Il a une tenue de semaine et une gandoura pour le vendredi car l’Algérien prie en public mais boit en cachette. Il achète du pain mais réclame de la galette. Il mange sa chorba avec de la hrissa et sa pizza avec beaucoup de mayonnaise. Il chique devant sa femme mais fume devant sa maîtresse. Dans la vie de tous les jours, c’est un démocrate pour lui mais un dictateur pour les autres. L’Algérien ne rêve que du paradis mais il ne parle que de l’enfer. Quand il rote, il remercie dieu et quand il pète il dit que ce n’est pas lui. S’il a souvent un cœur d’or, il a également un caractère de cochon. L’Algérien vit en Algérie même quand il vit au Canada ou en France. C’est la double vie de L’Algérien, étrange animal qui se voit toujours en lion et qui se conduit souvent en mouton.

L’Algérien Djamel Alilat.

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