L’Algérie dans les documents déclassifiés de la CIA

La Centrale d’intelligence américaine (CIA) a déclassifié 930 000 documents représentant quelque 12 millions de pages mises en ligne depuis le 18 janvier.

Sous l’indice CREST pour CIA Records Search Tool, la lecture de ces documents est une véritable plongée dans l’histoire de l’espionnage signé CIA depuis sa création, dans les années 1940.

Dans la partie consacrée à l’Algérie, on peut aisément déceler les centres d’intérêt américains pour cette partie du monde.
Avant la guerre d’indépendance, pendant la guerre, après l’indépendance, la CIA s’est intéressée à différentes questions. Pendant la guerre d’indépendance, l’agence américaine s’était naturellement interrogée sur les intentions des uns et des autres et l’issue que prendrait la Guerre de Libération.

Elle a aussi été fortement «captivée» par des informations sur une éventuelle partition de l’Algérie avec la partie du Sahara sous contrôle français. Dans un mémo datant du 23 août 1957, intitulé «Partition de l’Algérie et contrôle du Sahara», il est écrit que la France, dès la découverte des gisements pétroliers, pense à garder coûte que coûte un contrôle total et sans partage avec une quelconque administration locale sur ces réserves.

Alors qu’elle jouissait encore de son statut de colonisateur de l’Algérie, la France avait même passé un deal, selon le mémo de la Cia, avec l’Espagne contrôlant pour sa part le Sahara occidental, afin de pouvoir acheminer le pétrole algérien via le territoire sahraoui vers l’Europe, et via le territoire libyen aussi en cas de partition de l’Algérie. L’éventualité d’une libération de l’Algérie était donc posée, mais la France coloniale refuserait de se départir du contrôle du Sud. La CIA s’est longuement intéressée par ailleurs à la question du Sahara occidental et aux divergences algéro-marocaines.

Plusieurs mémos ont concerné cette question, notamment durant l’année 1975, date du déclenchement du conflit aux frontières des deux pays voisins. Des câbles ont traité des capacités militaires des deux parties, d’autres se sont penchés sur l’avenir du Maghreb. Un câble datant d’octobre 1965 est consacré à l’analyse du nouveau règne de Boumediène : «Trois mois après avoir déposé Ben Bella, le régime militaire soutenu par le colonel Boumediène semble contrôler entièrement l’Algérie»,  notant que «probablement encouragé par Bouteflika, qui était sur le point d’être démissionné, Boumediène a déposé Ben Bella (le virtuel dictateur)».

A la même période, la CIA remarque que les relations algéro-françaises sont excellentes. «Bien que la plupart de la presse française, la gauche française et les syndicats français peuvent regretter la disparition de Ben Bella, les hommes d’affaires français et les quelques résidents français en Algérie ne le sont pas. Le nouvel accord pétrolier et son additionnel accord d’assistance financière et technique contribuent à maintenir solidement l’Algérie dans la sphère française en termes d’influence économique et culturelle».

La CIA a par ailleurs nourri des «espoirs» de changement de cap de la diplomatie algérienne sous l’ère Chadli, plus encline à avoir de meilleures relations avec les Etats-Unis. Elle a donc beaucoup observé la présidence Chadli Bendjedid en décelant déjà l’émergence de courant opposé au sein du FLN, avec Cherif Messaadia comme mentor. Des divergences associées à la crise financière des suites de la chute des prix du pétrole, que la CIA avaient jugé capables de mener à des troubles, et ce fut bien le cas en octobre 1988.
Pour l’assassinat de Mohamed Boudiaf, les mémos de la CIA ont repris un éditorial du Washington Post de l’époque mettant en lumière le conflit de l’ancien Président avec l’armée.

source : cliquer ici

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