Lancement des prêts en devises en Algérie : une jolie manœuvre pour récupérer les 10 milliards d’euros du marché parallèle

L’Algérie se dote officiellement instruments de couverture du risque de change dans les opérations du commerce extérieur. Cela signifie qu’elle tente de se protéger contre les risques de dévaluation de sa monnaie nationale lorsqu’elle procède à des importations en devises à l’étranger. 

Et parmi ces mesures phares adoptées officiellement depuis ce mardi 10 octobre, nous retrouvons la mise en place de prêts en devises au niveau des banques algériennes. Qui peut réellement en bénéficier ? Ce sont les entreprises et opérateurs économiques qui ont besoin des euros et des dollars pour développer leurs projets. Ces entreprises algériennes peuvent enfin ne plus subir le diktat des acteurs du marché parallèle des devises en Algérie.

Elles pourront directement s’approvisionner en devises auprès des banques algériennes qui pourront négocier leurs prêts avec leur clientèle. Il s’agit d’un véritable pas en avant dans la lutte contre le marché parallèle qui capitalise pas moins de 10 milliards d’euros en circulation, estiment de nombreux banquiers algériens contactés par Algériepart.

Le marché parallèle va rétrécir grâce à cette nouvelle mesure pour la simple raison qu’ils seront très intéressants pour les Algériens de déposer leurs devises auprès des banques nationales et étrangères établies en Algérie. Et pour cause, pour pouvoir faire des prêts, les banques algériennes ont besoin de mobiliser à leur niveau le maximum de devises. Et pour cause, elles vont rémunérer les dépôts de devises. En clair, lorsqu’un Algérien ouvrira un compte courant devise, la banque va lui accorder un taux d’intérêt avantageux qui peut atteindre au début 6 à 7 %.

Cette mesure devrait inciter les Algériens à rapatrier leurs devises du marché parallèle pour les intégrer dans le circuit bancaire. Mais pour que cette manoeuvre puisse fonctionner comme il se doit, il faut que les textes d’application de cette nouvelle directive soient très pertinents. Des banquiers ont confié à Algériepart qu’il est nécessaire de limiter ces prêts en devises à l’achat de machines de production pour booster l’investissement national.

On l’aura compris : l’autorisation des prêts en devises suscite l’enthousiasme des banquiers algériens. Il faudra uniquement doter cette nouvelle mesure d’un arsenal réglementaire qui permettra son bon fonctionnement sans semer le trouble.

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