Le film « Le message » sera projeté en Arabie Saoudite après 42 ans de censure (Vidéo)

L’arrivée au pouvoir du prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salman, a permis l’ouverture de la société Saoudienne sur le monde, et a permis de réparer quelques injustices comme celle de l’interdiction du film « Le Message », du réalisateur syrien Mustapha Akkad. Restauré en version 4K, le film avait déjà été présenté en décembre dernier au festival du film de Dubaï.

Ce film, qui a été financé par le Koweit et le Liban et qui a été tourné au Maroc et en Libye, par des équipes arabes, américaines et anglaises a en effet été autorisé cette semaine par les autorités Saoudiennes, après plus de 42 ans de censure. Le roi Faycal Al Saoud avait à l’époque interdit le tournage et le financement du film car on avait construit une réplique de la Mecque au …..Maroc. Le souverain saoudien avait fait pression sur le roi du Maroc Hassan II pour stopper le tournage du film, sous peine de suspension de l’aide saoudienne au Royaume chérifien.

Le film au succès planétaire (a été doublé en 12 langues) sera diffusé sur les écrans en Arabie Saoudite avant l’Eid El Fitr, fête qui marque la fin du mois sacré du Ramadan.

Première superproduction arabe à associer une distribution internationale (Le casting regroupa plus de 28 nationalités ) en vedettes l’acteur égyptien Abdallah Ghaith et la star syrienne Mouna Wassef dans la version arabe. Et Antony Quinn (Hamza), Irène Papas (Hind), Michael Ansara (Abou Soufiane) dans la version anglaise.

Ce film qui a réussi la prouesse de parler du prophète Mohammed sans qu’il ne soit représenté à l’écran comme le recommande la tradition musulmane, a enfin été autorisé à la diffusion sur les écrans.

Pourtant à l’époque, le réalisateur Syrien, avant d’amorcer le tournage en 1976, dans le désert Marocain et en Libye, était allé jusqu’à consulter les islamologues de la prestigieuse Université al-Azhar du Caire pour lui fournir des conseils pour ne pas heurter la sensibilité des musulmans.

« J’ai fait ce film car il représente un enjeu personnel », avait-il déclaré au Washington Post en 2005. « En tant que musulman vivant en Occident, je considère qu’il est de mon devoir de dire la vérité sur l’islam. C’est une religion qui comporte 700 millions de fidèles, et pourtant, on en sait si peu à son propos que c’en est surprenant. J’ai pensé que raconter cette histoire pouvait créer un pont avec l’Occident ».

Espérant une sortie en salles dans les pays musulmans, les ayant-droits du long-métrage, dont le producteur Malek Akkad, fils du réalisateur, ont saisi les conseils de censure de plusieurs pays pour éviter toute mauvaise surprise et comptent sur une sortie pour les vacances de l’Aïd. Comme le rapporte The Hollywood reporter, les producteurs du film « ont adressé la question aux comités de censure de pays comme ceux du Conseil de coopération du Golfe, l’Égypte, le Maroc, l’Irak, le Liban ou encore l’Ethiopie. Seul le Koweit ( qui avait produit le film à l’époque) a banni le film ». Cependant, comme l’explique le journal américain, l’autorisation émise par l’Arabie Saoudite pourrait mener à un changement de position de son allié koweiti.

Malheureusement, Moustapha Akkad n’aura pas connu de son vivant cette autorisation puisqu’il a perdu la vie en 2005 à Amman dans un attentat perpétré par des membres d’Al-Qaïda en Irak , visant l’hôtel où il séjournait, .

Sa fille meurt également dans cet attentat et Mustapha Akkad succombe à ses blessures deux jours plus tard dans un hôpital. C’est son fils Malek Akkad qui est devenu le seul détenteur des droits TV et cinéma de ce grand film, sans doute le film arabe le plus célèbre au monde.

 

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