Le journaliste et politologue Antoine Sfeir spécialiste du Moyen-Orient est mort

Antoine Sfeir, journaliste, écrivain et politologue français d’origine libanaise, s’est éteint la nuit dernière à l’âge de 70 ans. Spécialiste des questions arabo-musulmanes, il intervenait régulièrement dans les médias pour tenter d’éclairer la complexité de cette région du monde.

Antoine Sfeir, journaliste et politologue français d’origine libanaise, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi, à l’âge de 70 ans, annoncent sur Twitter les Cahiers de l’Orient, revue de réflexion qu’il avait fondé en 1986.

Le journaliste avait écrit de nombreux ouvrages sur des sujets liés au Moyen-Orient et au monde musulman. Depuis septembre 2014, il était aussi le président de l’ILERI (Institut libre d’étude des relations internationales). Il a présidé également le Centre d’Études et de Réflexion sur le Proche-Orient (CERPO) et a enseigné les relations internationales au CELSA-Paris IV.

Invité régulièrement sur les plateaux de télévision, longtemps consultant pour Europe 1, auteur de points de vue pour Ouest-France (« Cela suffit !« , »Après l’accord avec l’Iran« …), il était une référence sur les questions du monde arabo-musulman qu’il décryptait avec pédagogie.

Otage pendant la guerre du Liban

Né en 1948 au Liban, Antoine Sfeir était issu d’une famille chrétienne maronite. Etudiant chez les jésuites, il entame d’abord des études de médecine. En parallèle, il envoie des écrits à L’Orient-Le jour, le grand quotidien francophone de Beyrouth, qui lui confie rapidement une rubrique hebdomadaire « Le Jour des jeunes » avant de l’embaucher. C’est ainsi que démarre sa carrière de journaliste.

Puis, il se réoriente vers des études de droit et de sciences politiques et couvre les événements au Moyen-Orient. Un fait dramatique va alors bouleverser sa vie. Pendant la guerre du Liban, en juin 1976, il est enlevé par une milice du front de libération de la Palestine qui le torture et le retient prisonnier pendant sept jours. Il en a d’ailleurs tiré un livre intitulé : « Le jour où ma vie s’est arrêtée ».

« L’envie de transmettre »

« Cet événement a renforcé chez moi le refus de l’émotion dans le métier. J’ai appris aussi une chose après ça, c’est que j’avais envie de transmettre, et cela ne s’est jamais arrêté. J’étais déterminé et j’ai eu la chance de retravailler très vite dans le journalisme. Un métier dont on ne se lasse pas et où on apprend tous les jours. On est à la fois étudiant et transmetteur… », racontait-il à nos confrères du site Paroles de corses qui lui ont consacré une belle biographie.

Cet événement le pousse aussi à partir en France où il arrive en septembre 1976. En 1977, il participe à la fondation du journal J’informe. Jusqu’en 1989, il est journaliste à La Croix et au Pèlerin. Il collabore également au journal Le Point, aux quotidiens l’Opinion et Le Figaro, ainsi qu’aux revues Études, Esprit, Afrique et Asie Modernes et Politique internationale.

Souffrant d’un cancer, il s’était éloigné ces derniers mois du monde médiatique. Il continuait toutefois à donner des conférences.

Après l’annonce de son décès, les hommages se multiplient sur Twitter :

François Bayrou a ainsi dit de lui : « Antoine Sfeir était un passeur entre deux mondes, l’Orient et l’Occident. Il avait de l’Islam dans ses différents visages et dans son histoire une connaissance profonde et chaleureuse. Il aimait décrypter et transmettre. Et il était un ami ».

PARTAGER