Le Panama ne veut plus apparaitre comme un paradis fiscal

ENQUETE Le pays va entamer des négociations avec la France pour améliorer sa coopération en matière de fiscalité…

En finir avec sa réputation sulfureuse. Le Panama a été marqué par la révélation de l’affaire des «Panama Papers » en 2016, après laquelle le pays latino-américain a été placé sur sa liste des paradis fiscaux. Mais la France et le Panama vont entamer début janvier à Paris des négociations pour renforcer leur coopération en matière fiscale.

Ces négociations, lancées à l’initiative du ministère français de l’Economie, visent à « établir une feuille de route qui permette de répondre à différents points en suspens en termes de transparence et de coopération fiscale » entre les deux pays, a indiqué la chancellerie panaméenne dans un communiqué publié mardi. Le gouvernement panaméen espère que Paris « reconnaîtra les avancées faites en terme de transparence et de coopération fiscale ».

Plusieurs personnalités et entreprises mises en cause

La France a décidé en avril 2016 de réinscrire le Panama sur sa liste des territoires non coopératifs, une mesure qui est entrée en vigueur le 1er janvier. Cette décision avait été prise suite aux révélations des « Panama Papers ». Ces documents mettent en cause des centaines de personnalités à travers le monde ayant ouvert des comptes dans des paradis fiscaux à travers un cabinet d’avocat panaméen, Mossack Fonseca.

En France, le parti d’extrême droite Front national et la banque Société Générale ont notamment été épinglés. Le quotidien français Le Monde a placé la Société Générale dans le top cinq des banques qui ont eu le plus recours à Mossack Fonseca pour créer des sociétés offshore, une pratique pas illicite en soi mais qui facilite l’évasion fiscale.

Les conséquences du scandale ont été multiples

Le ministère de l’Economie français a indiqué en novembre avoir lancé 560 contrôles fiscaux sur la base des « Panama Papers ». Dans d’autres pays, l’onde de choc a été telle qu’elle a poussé des personnalités politiques de premier plan à la démission, comme le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson.

Le président du Panama, Juan Carlos Varela, avait menacé un temps la France de représailles si elle replaçait son pays sur la liste des paradis fiscaux, après l’en avoir retiré en 2012. Pour autant, le gouvernement panaméen qualifie à présent l’offre de dialogue faite par la France de « constructive » et d’un « premier pas pour rétablir la confiance mutuelle ».

Le Panama a signé en octobre 2016 la convention multilatérale contre la fraude fiscale élaborée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cet accord fiscal impose de transmettre des informations fiscales à n’importe lequel des pays signataires qui en font la demande. Outre le Panama, 104 pays ont signé cette convention.

 

 

 

 

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