Le rêve confisqué des Algériens !

En mai 2014, l’équipe nationale algérienne de football avait battu en match amical, l’Arménie.

Quelques jours après, elle rencontre la Roumanie et gagne son second match. Que de bonnes nouvelles qui auraient dû satisfaire les Algériens mais l’environnement de ces deux matchs avaient vraiment interpellé, tourmenté, faisant remonter un subconscient enterré au fond de nous, il y a plus de 25 ans.

On avait vu les drapeaux de l’Algérie flotter partout en Suisse pour ces deux matches. C’était beau. Mais nous avons aussi vu des Algériens qui jeter des projectiles, quelques supporters qui entraient sur le terrain puis finissaient par l’envahir totalement, des comportements rétrogrades pour le moins qu’on puisse dire. Un Suisse ayant décidé de passer un après-midi festif et tranquille au stade pour regarder un match amical entre deux nations étrangères, a dû être extrêmement surpris et submergé de questionnements !

Pourquoi ces gens venus regarder leur équipe, qui plus joue bien et gagne, agissent de cette manière ? cachent-ils un mécontentement particulier ? veulent-ls manifester quelque chose ? est-ce politique ? Est-ce un phénomène social propre à eux ? veulent-ils transmettre un message ?

On a sérieusement cherché à comprendre et répondre à ces questionnements, pas seulement pour ce qui s’est passé en Suisse, mais parce que les Algériens sont les seuls à brandir leur drapeau partout et à tout va, qu’ils soient concernés ou pas par l’évènement soit-il sportif, culturel ou autre… les seuls à imposer leur drapeau à des chanteurs étrangers venus distraire un public censé savourer l’art..

Les Algériens s’obstinent à croire que leurs plats sont les meilleurs au monde, les seuls à penser que le climat de leur pays est inégalable, que les fraises de Skikda sont les plus savoureuses de la planète, que la ‘Deglet Nour’ est d’une autre galaxie, que les oranges de Boufarik ne peuvent être concurrencées… et la liste est longue, très longue.

Les Algériens sont les seuls à croire, dur comme fer, que leur histoire est idéale, noble, vraie et authentique, que leurs projets sont toujours grandioses, que leur recherche scientifique est avant-gardiste, que leur industrie est florissante, que leur économie est forte, que leur diplomatie est mondialement considérée… En réalité, les Algériens sont bien les seuls à penser qu’ils sont toujours un cran au-dessus des autres.

Nous avons été élevés sur ces fausses bases avec une programmation erronée qui a permis aux « virus »vde s’infiltrer aisément plus tard. Nous avons été encouragés à glorifier des faits passés sans penser à bâtir notre présent et préparer le futur de nos enfants… beaucoup plus dangereux encore, nous avons été programmés à les entretenir et perpétuer un rêve dans l’esprit de nos générations et les générations futures.

Nous vivons dans le virtuel. Nous avons besoin de notre « monde » en désaccord total avec notre réalité pour continuer à croire en la concrétisation du rêve nourri avant l’indépendance, rêve d’une nation puissante et souveraine, digne et libre, autonome et juste. Nous avons besoin d’avoir des repères d’excellence qui, même s’ils sont non avérés et totalement injustifiés, resteront nos repères, que cela soit des fraises, des dattes, ou un concert de chant anodin ou même une victoire lors d’un match de foot futile.

Nous avons besoin de nous distinguer, en brandissant des drapeaux ou en chantant des hymnes patriotiques, pour croire toujours plus en ce rêve, en sa concrétisation qui tarde, cruellement.. peut-être trop cruellement au point de nous cacher toute la réalité de notre existence parfois insignifiante.

Par nos faits et gestes, nous avons refusé que notre rêve devienne réalité et avons choisi de le maquiller, de le bercer, de le chérir… nous lui donnons vie à la moindre occasion, justifié ou pas, le temps d’un évènement… médaille de bronze dans un tournoi sportif ou lors du passage d’une artiste libanaise qui vient chanter pour des foules. Toute opportunité reste appropriée et inespérée pour extérioriser ses frustrations tout en s’agrippant au rêve devenu cauchemar au fil des ans.

En finalité, nous avons besoin de rester immergés dans ce rêve qui à l’aube de l’indépendance avait déjà commencé à tourner au cauchemar pour beaucoup de nos concitoyens. Isolement aidant, tout a été fait pour laisser le troupeau endormi et lui faire vivre le rêve pour ensuite le faire durer et le prolonger à la descendance qui suit, rendant ainsi les esprits totalement cloisonnés, détachés de leur réalité, presque sans âme.

Vint alors le jour où nos enfants ont grandi, se sont éduqués, puis certains sont partis voir ce qui se passe au-delà des cloisons bâties, de découvrir le monde, le vrai… loin des parents, des sirènes des médias, du JT de 20h, des usines à slogans, des chants, de banderoles… un choc « thermique » se produisit et une fracture existentielle vint secouer la programmation établie jadis au sein du cocon algéro-algérien. C’est alors le début d’une longue chevauchée qui a rendu beaucoup d’Algériens frustrés, déçus et déshérités.. les menant parfois aux extrêmes de la pensée.

Certains blâmèrent la religion et devinrent athées, d’autres s’en sont pris à la politique pour se convertir en opposants sous diverses égides, certains encore sont restés inconscients ou bien insoucieux et ont oublié leur patrie, d’autres font la part des choses et s’en veulent de ne pas avoir assez fait alors que d’autres continuent à croire à ce rêve, quitte à le ‘revisiter’, n’ayant pas mieux à proposer. Bien entendu, il y a toujours ceux qui portent le flambeau du rêve-cauchemar et continueront à le scander au profit du néant, vendant du vide et propageant la faillite.

Ceci résume les mailles de notre société d’aujourd’hui, une soupe de révoltés, d’inconscients, de soumis et d’ignorants et de vendeurs de mensonges.

Non, nous ne sommes pas les meilleurs. Non, notre gastronomie n’est pas la plus savoureuse. Non, notre nation n’est pas puissante. Non, notre économie n’est pas robuste. Non, notre société n’est pas épanouie. Non notre modèle n’est pas abouti.. Non, Non et Non.

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