Les émigrés et leurs commerces des devises

Nous sommes en période estivale, beaucoup de gens sont en vacances et désirent aller à l’étranger ; ce souhait est difficilement réalisable même pour les plus nantis à cause de la cherté des billets d’avion et de bateau mais surtout à cause de l’infime somme en devises qu’ils pourraient prendre avec eux. L’état accorde annuellement une allocation touristique de 100 euros, allocation de misère pour qui voudrait avoir un séjour convenable entre hôtel, restauration, sorties, achats etc… Cette allocation touristique accordée aux Algériens est la moins importante dans la région en comparaison de celles octroyées aux Marocains et Tunisiens qui se chiffrent respectivement à 3500 et 3000 euros. Entre 2016 et 2018, cette allocation a régressé de 20 euros, depuis début janvier elle est stabilisée à 100 euros mais rien ne garantit quelle se maintienne à ce niveau. Cette dépréciation est justifiée par la chute de la valeur du Dinar face à l’Euro sur le marché de change en plus des autres facteurs liés à la crise. Donc actuellement, l’allocation touristique dont bénéficie le citoyen algérien est l’équivalent de 15 000 dinars en euros, soit 100 euros, selon le change officiel. Une misère pour le pauvre touriste algérien d’autant plus que le 13 Février 2018 Mohamed Loukal gouverneur de la Banque d’Algérie a affirmé qu’ Il n’y aura pas d’augmentation de l’allocation touristique pour les Algériens qui se rendent à l’étranger, à cause de la situation de crise économique que connait le pays, rappelant à ce titre que les réserves de change ont chuté à 97,3 milliards de dollars à la fin décembre 2017. Selon Loukal, il y a 10 millions de passeports biométriques en Algérie, sachant que les Algériens préfèrent voyager à l’étranger que de passer leurs vacances en Algérie où, en plus des mauvaises prestations, les prix demeurent inaccessibles. une allocation humiliante ! Les Algériens se ruent donc sur le marché noir pour se procurer des devises. Le marché de change parallèle se fait au vu et au su de tout le monde au Square Port Said à Alger, à 212 Dinars algériens à l’achat et à 213 Dinars à la vente. Sur le marché officiel, l’Euro est côté par la banque d’Algérie à 137.04 Dinars algériens à l’Achat et à 137.11 DZD à la vente. Dans les autres villes ce « commerce » s’effectue dans des magasins connus par les intéressés ; il existe même un site Internet célèbre pour achat et vente de devises. Les cambistes se promènent impunément, de grosses liasses de billets dans les mains et changent d’énormes sommes de toutes les devises notamment de l’Euro. Mais d’où vient cet argent à la portée de tous, sans aucune intervention de l’état ? Bien évidemment l’apport de ces sommes considérables vient des émigrés qui gagnent qui gagnent fabuleusement au change à chaque dévalorisation du dinar DZ. Il est consternant de constater que la fuite des devises et le non renflouement des caisses de l’état ne posent aucun remord patriotique chez la majorité de la communauté algérienne à l étranger. Cette communauté vit surtout d’aides sociales ; la plupart des immigrés légaux profitent de la CMU, (couverture maladie universelle). La CMU complémentaire est une couverture maladie complémentaire gratuite destinée à faciliter l’accès aux soins des personnes disposant de faibles ressources et résidant en France de façon stable et régulière ; elle permet une prise en charge à 100% des dépenses de santé. Dans chaque département, il existe des centres de santé publique qui offrent plusieurs services sans condition de séjour. Les centres de dépistage ou de soins gratuits par exemple sont ouverts à tous. L’absence d’une assurance-maladie ou d’un titre de séjour n’entre donc pas en compte. De même, il existe plusieurs aides conçues pour l’enfance et attribuées sous la seule condition du besoin. On parle notamment de l’aide sociale à l’enfance (ASE), la Protection maternelle et infantile (PMI), l’accès à la garde des enfants et à la scolarisation. Tous ces services sont normalement accessibles aux enfants dont les parents sont en situation irrégulière. Ils bénéficient également du revenu de solidarité active (RSA), qui remplace depuis 2009 le RMI et assure un revenu minimal, est actuellement fixé à 535 euros. Les bénéficiaires du RSA ont beaucoup d’avantages comme les transports gratuits ou à tarif réduit, cantine moins chère pour les enfants, services de garde, tarifs sociaux de l’électricité etc… L’aide personnalisée au logement (APL) est une aide financière destinée à réduire le montant du loyer ou des mensualités d’emprunt en cas d’accession à la propriété d’un logement . Toute personne ayant cotisé au moins un trimestre à un régime de retraite de base peut prétendre à une pension dès l’âge de 65 ans (60 ans pour les invalides notamment) et, pour les ressortissants étrangers, dès lors qu’elle est en situation régulière 1. Malgré toutes ces aides qui font faire d’énormes économies à la population algérien

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