L’ex-président brésilien Lula arrêté et placé en garde à vue

Le scandale du géant pétrolier Petrobras, une vaste affaire de marchés publics truqués, s’étend encore au Brésil, où l’ancien président Lula da Silva, 70 ans, va être entendu par la police. L’affaire a des ramifications en Suisse, où une première arrestation a eu lieu il y a quelques jours

La police fédérale brésilienne a perquisitionné vendredi le domicile de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) dans le cadre de l’enquête sur le scandale de corruption Petrobras, a indiqué la chaîne de TV Globo news citant la police.

La police a confirmé à l’AFP une opération de fouilles et perquisitions dans trois Etats, dont Sao Paulo où vit l’ancien président Lula, mais sans donner de noms et sans confirmer si Lula fait l’objet d’un mandat d’amener comme l’affirment les médias. Elle a également annoncé une conférence de presse dans la matinée.

«Près de 200 policiers exécutent 44 mandats judiciaires, dont 33 mandats de fouilles et perquisitions et 11 mandats d’amener dans les Etats de Rio de Janeiro, Sao Paulo et Bahia», indique la police fédérale (PF) dans un communiqué.

L’opération policière fait partie de la vaste opération «Lavage rapide» lancée en 2014 pour enquêter sur un vaste réseau de corruption monté au sein de la compagnie publique pétrolière Petrobras et qui aurait coûté au moins deux milliards de dollars à la compagnie.

Des images de la TV Globo montrent des effectifs policiers devant des bâtiments à Sao Bernardo do Campo (Sao Paulo) où vit Lula, un quartier dont les rues étaient fermées. Toujours selon Globo, la femme de Lula et deux de ses fils sont également visés par l’opération policière ainsi que la Fondation «Institut Lula» à Sao Paulo.

Le scandale

L’enquête sur Petrobras, lancée en 2014, a mis au jour un système de trucage systématique des marchés passés entre le géant pétrolier contrôlé par l’Etat et 16 entreprises, donnant lieu à des commissions de 1 à 3% sur chaque contrat, dont une partie était reversée à des élus de la coalition au pouvoir.

Des ramifications en Suisse

L’affaire Petrobras, du nom du géant pétrolier étatique brésilien, a conduit à une première arrestation à Genève il y a deux semaines. Un citoyen brésilien s’est fait arrêter alors qu’il tentait de vider un compte au sein d’un établissement bancaire de la place.

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La présidente Dilma Rousseff touchée 

Affirmant se fonder sur des révélations du sénateur du Parti des travailleurs (au pouvoir) Delcidio Amaral, l’hebdomadaire IstoE a cette semaine assuré que la présidente Dilma Rousseff avait manipulé l’enquête sur Petrobras, en nommant par exemple un juge pour libérer des industriels détenus. Selon IstoE, l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) était aussi au courant du réseau de corruption. Des affirmations publiées jeudi, à la veille de l’interpellation de Lula.

«Ces révélations filtrées apocryphes, sélectives et illégales doivent être rejetées et leur origine rigoureusement tirée au clair car elles bafouent la loi, la justice et la vérité», a réagi la présidente dans un communiqué.

Peu avant, l’avocat général du Brésil, José Eduardo Cardozo, avait évoqué un «tissu de mensonges».

Source: Journal Le Monde

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