« Rahmet Rabi » de retour dans…les cabas!

Ce produit qui porte désormais le nom de Afiyet Silca, avec un RHB mentionné en petites lettres, se vend sous le comptoir dans les officines, chez les herboristes, les magasins de cosmétiques, les salons de remise en forme, mais également sur la Toile…

Revoilà Zaïbet et son fameux «remède miracle» contre le diabète! En effet, «Rahmat Rabi» est de retour dans…les cabas! C’est même devenu l’un des produits phares des «trabendistes» en provenance de Turquie. Car, c’est à partir de ce pays qu’il est désormais produit, sous une nouvelle dénomination: Afiyet Silca. C’est en association avec un certain, Khaer Al-Ghabani, que Toufik Zaïbet fabrique son complément alimentaire, interdit en Algérie après la vive polémique qu’il avait suscitée. Ce produit au nom très tendancieux est donc disponible au marché noir à plus de 3000 dinars la boîte. «La boîte de 40 comprimés est vendu entre 6 et 8 dollars en Turquie, tout dépend de la quantité que l’on prend, soit l’équivalent de 1000 à 1400 dinars la boîte (selon le taux du marché parallèle, ndlr). Vous voyez donc le bénéfice que l’on peut se faire sur une seule boîte», rapporte un ‘trabendiste », spécialisé dans la vente au noir de vêtements turcs. «Je réserve désormais toujours une petite place à Rahmet Rebi » dans mon cabas», soutient-il avec fierté. Lycia, pharmacienne dans une commune de la banlieue algéroise, confirme le retour du RHB sur le marché algérien.
«Beaucoup de clients viennent nous le demander, et beaucoup de vendeurs de vêtements turcs ou des touristes de retour du pays du Bosphore, viennent nous le proposer…», assure-t-elle. Si cette pharmacienne a refusé de vendre ce produit qui était passé du statut de «médicament» miracle que tout le monde s’arrache, à l’un des pires scandales de ces dernières années, ce qui n’est pas le cas de tout le monde! «Certains de mes collègues attirés par le gain n’hésitent pas à le vendre. D’ailleurs, les pharmacies qui le proposent sont référencées par les clients», atteste-t-elle avec regret. Néanmoins, le RHB n’est disponible que sous le comptoir des pharmaciens. «Des magasins de cosmétiques, des salons de remise en forme et surtout des herboristes surfent sur cette vague qui rapporte gros», souligne de son côté, Ahmed, un jeune cadre, qui venait de se procurer une de ses boîtes «magiques» pour sa mère. «Elle m’a coûté 3150 dinars», précise-t-il avec un large sourire.

Sur Internet, on propose même la livraison
«Rahmet Rabi» est donc en train de défier l’Etat! Surtout qu’en plus d’être vendu au noir dans certains commerces, il pullule sur la Toile. Des apprentis «pharmaciens» sont en train de proposer sur le Net ce très controversé produit. Il est «affiché» fièrement sur les pages Facebook dédiées à la vente en ligne ou sur les sites spécialisés tel que Ouedkniss. Les «vendeurs» se proposent même de le livrer à domicile! «Salut mes amis. Ceux qui ont besoin du médicament RHB me contactent. Livraison à domicile disponible», est le genre d’annonce disponible sur le Web. Ce pseudo «médicament» devenu par la force des choses un complément alimentaire n’a pas encore fini de faire parler de lui. Ce «retour» en force de cette grande arnaque qui a été portée sous les bras par une certaine presse et l’ancien ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, a tout de même le don de lancer le débat sur la facilité avec laqulle les médicaments entrent illégalement dans le pays avant d’être vendus presque en toute légalité. Le fleuve des médicaments et ses pénuries chroniques charrie tout, y compris une nouvelle faune d’escrocs qui se sont spécialisés dans le médicament dit «cabas». Les pharmaciens achètent des médicaments à partir de l’étranger pour certains malades. Ils les revendent à prix d’or et parfois, ils sont même dangereux pour la santé. Car, quand on connaît le pharmacien, on a la garantie que le produit a été acheté dans une pharmacie étrangère et que ce n’est pas de la contrefaçon.

RHB: la face visible de l’iceberg
Mais ce manque de traçabilité peut s’avérer très dangereux, du fait que certains médicaments importés à partir de l’étranger peuvent être contrefaits. C’est surtout le cas de ceux vendus chez les herboristes qui se ravitaillent chez des commerçants chinois, indiens ou sur Internet!D’ailleurs, le président de l’Union nationale des opérateurs en pharmacie (Unop), Abdelouahed Kerrar, avait, il y a quelques mois, tiré la sonnette d’alarme concernant les produits à base de plantes et autres compléments alimentaires vendus librement en Algérie qui contenaient des éléments très dangereux pour la santé. «Certains de ces produits contiendraient des bactéries très dangereuses, des pesticides, des métaux lourds,…», a-t-il mis en garde en se basant sur une étude faite par un professeur – chercheur de Constantine, spécialisé dans les plantes médicinales. «Dans d’autres, les plantes utilisées sont elles-mêmes déjà très toxiques», a-t-il soutenu. «Ces médicaments à base de plantes médicinales et les suppléments alimentaires, toujours plus à la mode, peuvent aussi provoquer des dommages au niveau du foie», ajoute Abdelouahed Kerrar, non sans préciser qu’ils peuvent aussi être à l’origine d’interactions médicamenteuses. On est donc là devant un vrai problème de santé publique avec des produits censés être médicamenteux mais qui échappent à tout contrôle sanitaire et arrivent directement dans les officines et autres commerçants qui les vendent. A qui la faute? Les responsabilités doivent être déterminées…

 

 

 

 

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