Syrie: Les habitants d’Alep font leurs adieux en vidéo sur les réseaux

Certains habitants d’Alep Est, sous les bombes, lancent un « dernier appel à l’aide » en vidéo et partagent leurs « adieux » sur les réseaux sociaux…

Des habitants d'Alep quittent leur quartier mardi 13 décembre.
Des habitants d’Alep quittent leur quartier mardi 13 décembre. – AFP


Il a baptisé sa vidéo, « last call from Aleppo », comprenez dernier appel depuis Alep. Cette vidéo d’Abdulkafi Alhamdo, postée à 3h10 mardi sur Periscope et reprise par les médias français, fait partie des témoignages poignants des habitants d’Alep qui livrent leurs « adieux » sur les réseaux sociaux.

La vidéo, qui a reçu 56.345 cœurs, dévoile Abdulkafi Alhamdo, professeur et activiste à Alep, qui assure ne plus avoir foi dans l’ONU. Dans les décombres et les larmes aux yeux, cet habitant d’Alep, un des plus présents sur les réseaux sociaux, insiste : « Nous savons que nous avons été libres. Nous ne voulions rien d’autre que la liberté. Ce monde ne veut pas de la liberté. J’espère que vous vous souviendrez de nous », conclut Abdulkafi Alhamdo, comme un adieu.

https://youtu.be/Wh7jOP0RBqI

Dans un premier message, posté une heure avant sur Periscope, il avait assuré : « J’espère que vous pourrez faire quelque chose pour les habitants d’Alep, pour ma fille, pour les autres enfants. Quelque chose pour arrêter les massacres attendus (…) Personne ne peut les aider, il n’y a pas d’hôpitaux, pas de médicaments, vous ne comprenez peut-être pas ce que nous subissons ici, personne n’a dormi cette nuit », explique celui qui raconte son quotidien sur Internet depuis des mois.

« Nous sommes en train de vivre un génocide »

Lina Shamy dans une vidéo qui date de mardi, pour Al Jazeera English insiste : « Nous sommes en train de vivre un génocide. Je suis dans une cave avec des familles qui ont perdu contact avec leurs proches. Je n’ai rien pu apporter de chez moi. Les forces du régime sont en train de progresser, il y a toujours des bombardements, rien n’a changé. »

Quand le présentateur lui demande si elle est inquiète pour sa sécurité : « Oui, je pense que certains vont mourir. Donc nous devons faire quelque chose, nous devons envoyer un message. Je risque de mourir, d’être arrêtée. Cela ne m’arrêtera pas, je continuerai à dire la vérité. »

De son côté, Rami Zien, journaliste à Alep, s’est également confié dans une vidéo sur Periscope il y a 14 heures : « Oui, je suis vivant et en sécurité, au moins pour le moment. Je voudrais vous en dire plus sur la situation. (…) On espère être évacué dans les prochains jours.

Il tente de décrire les images « indescriptibles d’Alep sur les 48 heures dernières. C’est inimaginable, c’est des images que l’on ne voit que dans les films. Je suis toujours à Alep, le lieu le plus terrifiant du monde. Merci pour vos prières. » Et l’habitant d’appeler à partager cette vidéo avec le #standwithaleppo sur les réseaux sociaux.

« Final message » de Bana

Elle n’est pas reporter et pourtant, elle raconte au jour le jour sa vie à Alep du haut de ses sept ans. Bana Alabed est devenue une star sur Twitter. Sa mère poste régulièrement des anecdotes pour témoigner de la vie à Alep-Est. Fin novembre, elle lançait un appel à l’aide au Président des Etats-Unis : « Cher Potus, nous sommes une famille qui souffre dans Alep-Est, avec beaucoup d’autres. Une aide pour nous aider à partir loin du champ de bataille ? »

Début décembre, Bana pose tout sourire, montrant qu’elle a perdu deux dents. Mais ces derniers jours, les anecdotes de Bana sont devenues bien sombres. Commençant ses posts par « final message », comme un adieu, la petite fille raconte que son père a été blessé. Et sa mère, Fatemah, dit sa tristesse.

 

 

 

 

Source: www.20minutes.fr

 

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