Tariq Ramadan obtient sa mise en liberté mais reste sous contrôle judiciaire

La cour d’appel de Paris a ordonné ce jeudi 15 novembre la mise en liberté sous contrôle judiciaire de Tariq Ramadan, incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février pour des viols qu’il conteste, a annoncé son avocat à l’AFP.
La libération de l’islamologue suisse de 56 ans est soumise au versement d’une caution de 300.000 euros, a précisé son avocat Emmanuel Marsigny. Tariq Ramadan, qui doit remettre son passeport suisse, a interdiction de quitter le territoire, d’entrer en contact avec les plaignantes et certains témoins. Il devra pointer une fois par semaine au commissariat.

La chambre de l’instruction a rendu cette décision, non susceptible d’appel, après avoir entendu Tariq Ramadan plaider lui-même sa cause avec énergie lors d’une rare audience en public jeudi après-midi, alors que le huis clos est quasi systématique à Paris en matière de détention, a constaté un journaliste de l’AFP.

« J’irais fuir où? Alors que tout va vers mon innocence. (…) Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence », avait déclaré Tariq Ramadan depuis le box sous le regard de sa fille et d’une dizaine de ses partisans, vêtus de T-shirt « Free Tariq Ramadan ».
Cette demande de mise en liberté, la quatrième après près de dix mois de détention, avait été rejeté la semaine dernière par les juges d’instructions et le juge des libertés et de la détention.

Des faits remontant à 2009 et 2012

Les magistrats craignaient notamment des pressions sur les plaignantes, Henda Ayari et une femme appelée « Christelle » dans les médias. Toutes deux avaient lancé l’affaire en dénonçant à l’automne 2017 avoir subi un rapport sexuel d’une extrême violence, en 2012 pour la première et en 2009 pour l’autre.

Cette nouvelle demande avait été déposée dans la foulée d’une audition, fin octobre, où Tariq Ramadan avait admis des relations sexuelles « consenties » avec ses accusatrices. Après un an de dénégations, la révélation d’échanges par SMS sans ambiguïté l’avait contraint à changer de version.

« La remise en liberté de Tariq Ramadan est logique au regard des derniers développements du dossier qui démontrent que les accusations de viols s’effondrent », s’est félicité Me Marsigny.

« L’audience ayant été publique, tout le monde a pu entendre que la cour n’allait pas se prononcer sur sa culpabilité ou son innocence, mais sur la question de savoir si les conditions de son maintien en détention étaient toujours remplies », a réagi Me Éric Morain, l’avocat de « Christelle ».

AFP

 

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