« Tu sais maman ! « : Lettre déchirante d’un Harraga à sa mère, avant de mourir!

« Tu sais maman ! « : Lettre déchirante d’un Harraga à sa mère, avant de mourir!

 

Par Tarik Benali

Tu sais maman …
Tu sais maman dans l’autre côté de cette mer, il y a un monde meilleur, des gens se respectent. Ils ont des droits à des hôpitaux, des écoles, des soins, l’envie de vivre de voir et découvrir de belles choses .
Tu sais maman si j arrive à rejoindre cet endroit, je pourrais t’offrir plein de trucs maman.

Tu sais maman si j arrive à rejoindre cet endroit, je pourrais t’offrir plein de trucs maman.

Tu porteras de jolies robes aux fêtes du village, tu mettras des bijoux de valeur.

Ma petite aura les moyens de se faire soigner de cette handicap, dont elle souffre chaque jour en silence .

On aura un beau foyer et tu seras au chaud en hiver; plus besoin de porter des bois sur le dos maman

On aura une voiture et on ne tapera plus à la porte de notre voisin à minuit.

Je t’emmenerai découvrir les montagnes de Djurdjura, dont tu parlais toujours. A marcher sur le sable du sud algérien, à écouter des gens parler des langues étranges à la notre …

Tu sais maman dans cette barque on a tout pour atteindre cet autre monde, où je réaliserai nos rêves et faire de toi une reine. A mon retour on fera une grand Wâada. On invitera tous nos proches. Des amis qui vont certainement me manquer, je leur raconterai cette aventure et je serai si heureux entre tes bras, je porterai ma petite sœur sur mon dos comme avant.

Tu sais maman, là ou je suis, il commence à faire nuit et le froid me monte des pieds et je sens plus mes joues On entend que l’eau qui heurte notre barque ,et qui monte sans cesse vers nous.

j’ai trop froid maman, je sens plus mes jambes, ni mes mains.

Je trombe, j’ai plus de force pour tenir le coup. Je respire mal, je suis dans l’eau je ne vois plus rien.

J’entend que les cris de mes camarades qui s étouffent l’un âpres l’autre. Je vais rejoindre mon père maman je le vois il s’approche de moi, je ne suis plus maman …

Tu sais mon fils dans l’autre coté de cette terre il y a un monde meilleur, il y a des hommes courageux, glorieux, honnêtes, braves, des femmes qui ont supporté et porté un lourd fardeau.

Dis leur mon fils les raisons de ta présence parmi eux. Racontes-leur ce que t’as voulu être et ce que tu étais. Dis leur mon fils que leur pays leur a tout prit.

Dis – leur que tu voulais la paix et la joie, l’envie de grandir et devenir un bon citoyen. Dis- leur qu’on ne vit pas, mais on survie. Dis-leur mon fils qu’il nous manque beaucoup. Dis-leur qu’on les aime …

Sgunfut deg telwit ad yazen rebbi sber i imawlan-nwen

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