Tunisie: Le parti Ennahda accusé de création d’une police parallèle !

Ali Kalthoum, l’avocat des familles des militants de gauches Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, que l’on dit assassinés par des islamistes, a annoncé que le collectif dont il fait partie a décidé, à l’issue de l’audience qui s’est tenue cette semaine devant la cinquième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, de déposer une plainte devant la justice demandant la dissolution du mouvement islamiste Ennahdha, conformément à l’article 7 de la loi antiterroriste. Le parti est accusé d’être impliqué dans des actions et mouvements terroristes.

La Cour de cassation de Tunis a décidé mercredi 5 décembre de reporter l’examen de la deuxième partie du dossier concernant l’assassinat de Chokri BelaÏd au 16 janvier 2019, «à la demande de la défense des héritiers du martyr», a fait savoir l’avocat Ali Kalthoum.

La même source a ajouté que la défense avait demandé de différer l’audience jusqu’à ce qu’elle dépose une injonction légale à l’encontre de l’un des juges du tribunal. La deuxième partie du dossier concerne les personnes en fuite impliquées dans l’assassinat de Chokri Belaïd.

L’initiative du collectif d’avocats des familles Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi intervient à un moment où le président tunisien Beji Caïd Essebsi accuse Ennahdha d’avoir mis sur pied une police parallèle quand certains de ses cadres étaient aux affaires.

Le porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, a déclaré que le mouvement Ennahdha était profondément impliqué dans l’affaire de l’appareil secret «jusqu’au cou», a-t-dit.

Hamma Hammami a précisé «être conscient de ce qu’il avance». «Je parle de documents et de données qui ne concernent pas uniquement le Front populaire, mais la sécurité, les partis politiques tunisiens et étrangers», a-t-il ajouté lors d’une déclaration sur radio Shems FM. «Ennahdha n’a pas de réponse à propos de l’appareil secret», a déclaré Hammami, ajoutant : «Ils savent bien que s’ils donnent des explications, ils commettront des erreurs». Il a précisé qu’il y a un autre dossier lié à la migration des jeunes vers les foyers de tension à propos duquel Ennahdha devra répondre tôt ou tard.

S. S.

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