Uli Rohde, chanteuse/«Je suis attachée aux Kabyles»

Uli Rohde, jeune allemande, en robe kabyle, a surpris les spectateurs en interprétant merveilleusement bien plusieurs chansons en kabyle, lors de son passage à Aït-Aïssa, samedi dernier.

La Dépêche de Kabylie : Quelle fût votre sensation en étant face au public ce soir ?

Uli Rohde : Le public a été magnifique. C’est bien mieux qu’à Paris je trouve. Les gens sont très généreux. Je vois aussi qu’ils sont optimistes et pleins d’espoir.

Comment avez-vous appris à chanter en kabyle ?
C’est grâce à un ami qui travaille au Sud et qui a eu beaucoup de temps pour moi. Il m’apprend énormément de choses par téléphone. Je continue à me corriger et à apprendre encore plus en étant avec des amis, là en Algérie ou à Paris. Je suis toujours corrigée par quelqu’un quand je chante quelque chose. Mais, c’est surtout grâce à cet ami avec qui j’ai aussi écrit mes propres chansons anglos-kabyles. J’ai déjà deux chansons anglo-kabyles et une troisième en anglais qui parle de la misère d’un émigré Kabyle en France. La présence du français et de l’anglais est utile car c’est important d’ouvrir la cause.

Est-ce que vous avez toujours des difficultés à vous exprimer dans cette langue ?
à m’exprimer oui ! Mais à prononcer ça va. Je suis allemande, alors nous avons dans nos deux langues (l’allemand et le kabyle) des phonèmes à peu près similaires. Il y a certains autres phonèmes dans le kabyle qui sont difficiles, mais, généralement j’y arrive, du moins, j’essaie à chaque fois de m’améliorer et de surmonter ces difficultés.

C’est la première fois que vous chantez devant un public ici en Algérie ?
Je suis déjà venue en Algérie en 2010 pour trois semaines, mais c’est la première fois que je chante devant un public.

Etes-vous attachée à la culture kabyle ?
Je suis plutôt attachée à la lutte du peuple kabyle en particulier et amazigh en général. C’est une lutte qui me touche énormément car c’est une lutte juste. J’aimerai bien que ce peuple puisse se retrouver et que beaucoup d’autres algériens puissent reconnaître et retrouver leurs racines.

Avez-vous des contacts avec d’autres peuples amazighs ailleurs qu’en Algérie ?
Déjà, je suis en contact partout où il y a des kabyles, à Montréal, Ottawa, Paris, Belgique et à Prague. En plus, chaque année ou presque je me rends au Maroc. J’ai déjà animé le Festival Issi N’ourgh du film amazigh avec le président qui m’a invitée. Je suis toujours en contact avec les Amazighs du Maroc, car il y a beaucoup de militants de cette cause qui m’invitent et me font connaître à chaque fois leur culture et leur peuple.

Allez-vous revenir souvent en Kabylie ?
Je ne sais pas, mais en tout cas j’aimerais bien. J’ai appris qu’on ne me donnerait plus de visa pour entrer en Algérie, mais j’espère qu’ils changeront d’avis car ça serait vraiment triste.

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