Violences du 1er mai : A�Nous sommes sans parti, ni visageA�

Quelque 1200 personnes cagoulA�es ont pris la tA?te du de la manifestation parisienne du 1er Mai. Parmi elles, de nombreux Black blocs. RaphaA�l, 21 ans, militant A� autonome A�, faisait partie des casseurs. Il tA�moigne.

A� Agir en primitif, prA�voir en stratA?ge. A� Le slogan, taguA� mardi sur uneA�concession automobile ravagA�e par les Black Blocs, illustre parfaitement leurs modes da��action. Da��emblA�e, plusieurs centaines da��entre eux, 1 200 selon la police, sa��A�taient rassemblA�es en tA?te duA�traditionnel cortA?ge du 1er Mai. En amont, tout avait A�tA� prA�parA� via les rA�seaux sociaux. A� On discute sur Internet avec des codes, dA�taille la��un da��eux. On A�vite les mails et les SMS. A�

Cette fois, la��appel A� la mobilisation a mA?me dA�passA� les frontiA?res. Allemands, Anglais, Italiens ou Espagnols avaient rA�pondu prA�sents, quandA�on comptabilisait mA?me dans les gardA�s A� vueA�un Belge, un Suisse ou un Colombien. A� Une telle reprA�sentation internationale, ca��est du jamais-vu A�, relA?ve un connaisseur.

Masques A� gaz, lunettes de protection, coupe-vent noirs et mini-sac A� dos ne laissaient aucun doute sur leur intention da��en dA�coudre. DA?s 14h30, etA�en la��absence de tout filtrage prA�alable, de petits groupes dA�jA� bien A�quipA�s remontaient ostensiblement le boulevard de la Bastille pour se regrouper en tA?te, sur le pont da��Austerlitz.

A� Mes cibles, ce sont toutes les enseignes du capitalisme, mais da��abord les keufs A�

DerriA?re les capuches : un noyau dur de militants da��ultra-gauche et d’A� ultras A� de clubs de foot. A� Ca��est la tendanceA�antifas, dA�crypte un militant libertaire qui ne sa��y reconnaA�t pas. Il y a des gens du Red Star ou de la tribune Auteuil du PSG. A� PA?le-mA?le sa��y agrA?gent A� zadistes A�, anarchistes, autonomes et A�tudiants A� lambdas A�.

RaphaA�l, 21 ans, A� fils da��ingA�nieur A�, est de ceux-lA�. Inscrit en licence A� Tolbiac, lui se considA?re A� autonome A�. Sa��il rA�fute le terme A� Black Bloc A� – A� une invention des mA�dias A� -, il revendique A� un mode de vie, da��unitA�, de pensA�e, une religion. A� Soit un agglomA�rat soudA� par une haine revendiquA�e du capitalisme et de la police. A� Nous sommes sans parti, ni visage, poursuit-il. Mes cibles, ce sont toutes les enseignes du capitalisme, mais da��abord les keufs. Dans les manifs, tu vois la peur dans leurs yeux, A�a fait du bien. A�

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Contrairement aux apparences, rien na��est laissA� au hasard. A� Tout est trA?s codifiA� A�, dA�crypte ce membre da��un service da��ordre syndical, qui a vu, depuis 2016 et la mobilisation contre la loi El Khomri, cette mouvance se dA�velopper en France. A� Avant, on avait affaire aux jeunes de banlieue. Maintenant,A�ce sont les Black Blocs qui ont pris leur place. Eux na��ont jamais A�tA� aussi nombreux que ce 1er mai, et sont trA?s organisA�sa�� A� Il en veut pour preuve A� le tambour qui rythme leurs avancA�es A�, ou A� ces fumigA?nes qui peuvent annoncer un rassemblement avant une action violente, dont le top dA�part est lancA� par des drapeaux distinctifs et des signaux donnA�s bras levA�s. A�

Le mA?me note que A� leurs techniques da��actions empruntent A� celles de la guA�rilla A�. Souvent, la veille, leurs A� outils A� ont A�tA� dissimulA�s dans des planques, le long du parcours. A� A�a peut A?tre aussi bien un marteau sous un banc qua��un cocktail Molotov A�, dA�crit RaphaA�l. Mardi, certains activistes A�taient A�galement A�quipA�s de burins pour extraire les pavA�s de la chaussA�e, et de sacs da��une grande enseigne suA�doise pour les transporter.

Leur action effectuA�e, ils savent se faire oublier. A� On a jamais de portable sur nous, dA�veloppe RaphaA�l. En cas de problA?me, on a un lieu de rendez-vous dA�fini A� la��avance. Tous ceux qui se font arrA?ter sont des gogos. Les autonomes, eux, sont beaucoup plus malins. A�

InA�leparisien.fr

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