Voici l’histoire horrible du journaliste décapité au consulat d’Arabie Saoudite en Turquie !

Le journal Middle East Eye révèle comment le journaliste saoudien a été traîné du bureau du consul général, tué et démembré.

Jamal Khashoggi a été traîné du bureau du consul général dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, avant d’être assassiné brutalement par deux hommes qui ont découpé son corps en morceaux, ont indiqué à Middle East Eye des sources proches de l’enquête.

Des responsables turcs ont déclaré savoir à quel moment et à quel endroit dans le bâtiment, le journaliste saoudien a été assassiné. Ils envisagent de creuser le jardin du consul général pour vérifier si les restes de son corps sont enterrés.

Khashoggi est porté disparu depuis mardi dernier. Il est entré au consulat pour se procurer des documents afin de pouvoir se remarier et n’a pas été revu depuis.

Depuis samedi, des responsables turcs maintiennent que le journaliste a été assassiné à l’intérieur du bâtiment, mais sans fournir de preuve et sans s’exprimer officiellement.

Pendant ce temps, des responsables saoudiens ont déclaré que l’homme âgé de 59 ans avait quitté le consulat peu après son arrivée et qu’ils s’inquiétaient de son sort.

« Je voudrais confirmer que… Jamal ne se trouve ni au consulat, ni au royaume d’Arabie saoudite. Le consulat et l’ambassade s’efforcent de le chercher », a déclaré le consul général saoudien, Mohammad al-Otaibi, samedi après l’ouverture du consulat aux journalistes de Reuters. « Nous sommes inquiets à son sujet », a-t-il ajouté.

Mais une source turque en lien direct avec l’enquête a fourni à MEE un compte-rendu détaillé des faits qui se sont déroulés au consulat mardi dernier, selon ce qui a été rapporté par les enquêteurs.

« Nous savons quand Jamal a été tué, dans quelle pièce il a été tué et où le corps a été emmené pour être démembré. Si la police scientifique est autorisée à entrer, elle sait exactement où aller », a-t-il déclaré.

Khashoggi s’est rendu pour la première fois au consulat le 28 septembre et a rencontré un diplomate saoudien dans le but d’obtenir les papiers dont il avait besoin.

Le diplomate saoudien l’a confié à un membre des services de renseignements saoudiens, qui a déclaré que le consulat n’était pas en mesure de fournir ce dont il avait besoin ce jour-là, mais qu’il pourrait revenir la semaine suivante, selon la source.

Khashoggi a quitté le bâtiment vendredi avec le numéro de téléphone du responsable des renseignements.

Mardi matin, Khashoggi a téléphoné et demandé s’il devait toujours venir au consulat. On lui a répondu que les documents étaient prêts, selon la même source. Son rendez-vous était fixé à 13 h.

Une demi-heure avant, pendant la pause déjeuner au consulat, tous les membres du personnel local sont sortis pour leur pause habituelle d’une heure. Alors qu’ils partaient, on leur a demandé de prendre leur après-midi car une réunion diplomatique de haut niveau était prévue au consulat, selon notre source.

Des preuves dans le réseau d’égouts

Selon la photo publiée par le Washington Post, sur laquelle figure l’heure, Khashoggi est entré dans le consulat moins d’une heure plus tard, à 13 h 14.

Il a été accueilli par un fonctionnaire et conduit dans le bureau du consul général. Peu de temps après, deux hommes sont entrés dans la pièce et ont traîné Khashoggi hors du bureau, dans une autre pièce où ils l’ont tué, précise la source, sans préciser comment il a été tué.

Le corps de Khashoggi a ensuite été traîné dans une troisième pièce et démembré.

Une source saoudienne a déclaré à Reuters que selon les services de renseignements britanniques, ils avaient tenté de droguer Khashoggi à l’intérieur du consulat et que cela se serait terminé en overdose.

Cette source a précisé que les informations provenaient d’une source des renseignements britanniques. Contacté par Reuters, les services en question n’ont pas commenté. Interrogé sur cette version des faits, un responsable saoudien a déclaré : « Cette mort n’est pas vraie ».

Parmi les 22 voitures immatriculées au consulat, trois ou quatre sont retenues dans l’enquête sur le meurtre. L’un des véhicules aurait quitté le bâtiment du consulat à 15 h 15 et se serait rendu à plusieurs centaines de mètres, à proximité du domicile du consul général.

MEE comprendrait que le procureur général envisage maintenant de fouiller le jardin du consul général pour savoir si les restes du corps de Khashoggi sont enterrés là.

Une autre source turque a affirmé à MEE que le consul général n’avait pas quitté son domicile depuis trois jours et avait annulé tous ses rendez-vous.

Cette source a également indiqué que la police turque voulait perquisitionner la résidence et emmener toutes les voitures enregistrées au consulat dans un lieu sûr pour les examiner, mais les Saoudiens n’ont pas donné leur autorisation.

Les Saoudiens ont également annulé mardi une proposition qu’ils avaient initialement faite de permettre à la police scientifique turque de se rendre sur les lieux. Ce revirement est survenu après la publication par les médias officiels turcs de la liste complète des quinze Saoudiens arrivés à bord de deux vols privés le même jour où Khashoggi a disparu.

La source qui a rapporté le récit sur la façon dont Khashoggi a été assassiné a déclaré que les enquêteurs de la police étaient convaincus qu’ils disposaient déjà de suffisamment de preuves médico-légales, récoltées lors de fouilles du réseau d’égouts raccordé au bâtiment.

A Saudi official waits outside the Saudi consulate in Istanbul on October 7, 2018.
Turkish President Recep Tayyip Erdogan has said he is following the developments on the disappearance of Saudi journalist Jamal Khashoggi who has gone missing after visiting the Saudi consulate in Istanbul on October 2, to complete routine paperwork. / AFP PHOTO

Une deuxième source turque en lien avec l’enquête a déclaré à MEE que les Turcs disposaient de preuves vidéo et audio du meurtre. Cependant, ils n’ont pas révélé comment ils ont obtenu ces preuves.

Mais une attention particulière est accordée à la montre Apple que Khashoggi portait quand il est entré dans le bâtiment. La smartwatch est synchronisée électroniquement avec l’iPhone qu’il avait laissé à sa fiancée avant d’entrer dans le bâtiment.

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