Indice de perception de la corruption : L’Algérie toujours mal lotie

L’Algérie est toujours mal lotie dans l’indice de perception de la corruption en obtenant dans le classement 2018 la note de 3,5 sur 10 et en se positionnant à la 105e place.

C’est ce qui transparait dans le classement de l’indice de perception de la corruption dans le secteur public (IPC) que l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International a rendu public hier.
C’est la 24e édition de l’IPC : 180 pays y figurent dont l’Algérie. En réaction à ce classement peu reluisant, l’agence algérienne de lutte contre la corruption AACC lance un appel aux pouvoirs publics et au Parlement pour y remédier, d’autant plus que les autorités planchent en ce moment sur le projet de loi modifiant la loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Pour l’AACC, « il n’y a aucun progrès pour l’Algérie » et le « classement est toujours aussi désastreux que ceux des dernières années ». Le score et le classement de l’Algérie dans le classement 2018 est de 3,5 sur 10 et la 105e place (3,3 sur 10 et la 112e place dans l’IPC 2017). En exemple le Maroc et la Tunisie s’en sortent mieux avec : 4,3 sur 10 et la 73 ème place, ex-aequo. L’Algérie est classée à la 10e place dans le monde arabe et à la 18e en Afrique.
L’AACC s’était déjà interrogée « comment peut-il y avoir des progrès quand nous avons une très mauvaise loi anticorruption (20 février 2006), et plus grave encore quand cette loi n’est pas appliquée notamment en matière de déclaration de patrimoine des agents publics » ? Comment peut-il y avoir des progrès en l’absence d’une politique de protection des dénonciateurs ? Comment peut-il y avoir des progrès quand la justice ne fait aucun effort pour déclencher des poursuites lors d’affaires de corruption publiées par la presse ? s’interroge toujours l’association. Pour cette dernière ces questions restent plus que jamais d’actualité
et « le gouvernement Algérien n’est toujours pas en mesure d’apporter des réponses claires et concrètes, faute d’une volonté politique réelle sur le terrain».
En matière de lutte contre la corruption, l’Algérie cumule les mauvais classements pour notamment « avoir été pris en flagrant délit de mauvaise volonté à lutter contre la corruption par les experts des Nations-Unies dans leur rapport de 2013 » note l’agence.
L’Algérie n’a toujours pas transposé en droit interne les recommandations faites en 2013 par les experts des Nations-Unies qui devraient revenir en Algérie en 2019 pour évaluer de nouveau l’application de la convention des Nations-Unies de 2003, convention ratifiée par l’Algérie il y a 15 ans, en 2004, rappelle l’AACC. Cette dernière émet un certain nombre de propositions en interpellant le gouvernement pour « cesser immédiatement les représailles de toutes sortes, dont les emprisonnements arbitraires, à l’encontre des lanceurs d’alerte dénonçant des scandales de corruption et des journalistes pour leurs écrits et leurs enquêtes à ce sujet ».
L’AACC demande au gouvernement algérien de compléter et d’enrichir le projet de loi déposé à l’APN en adéquation avec le contenu de la Convention des Nations Unies contre la corruption. Et lance un appel à la « commission des affaires juridiques, administratives et des libertés » de l’APN pour ouvrir ses auditions et ses consultations aux représentants de la société civile dont des lanceurs d’alerte, les Ligues des droits de l’homme, les journalistes d’investigation, les associations et les « collectifs citoyens » de lutte contre la corruption.

 

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